‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 228 sur 424 · V. plus haut, p. 293, l'édition et les travaux signalés · texte numérisé non relu

V. plus haut, p. 293, l'édition et les travaux signalés

6. Impossible d'indiquer une édition un peu complète de ses œuvres. La Patrologie latine, t. LXVII et t. XXXIX (parmi les sermons apocryphes de saint Augustin), en contient une partie. D. Morin en a publié d'autres dans la Revue bénédictine. V. sur cette question bibliographique, P. Lejay, Notes bibliographiques sur Césaire d'Arles, dans la Revue d'hist. et de littér. relig., X (1903), 183-188. — Travaux : A. Malnory, Saint Césaire, évêque d'Arles, Paris, 1894. C. F. Arnold, Caesarius von Arelate, Leipzig, 1894. P. Lejay, Le rôle théologique de Césaire d'Arles dans Revue citée, X (1905), 133, 217, 444, 379.

milieu des barbares, et sentant que la haute culture va se perdre, il veut au moins transmettre quelques règles de foi et de conduite simplei^ au peuple qui l'environne. Sa popularité même malheureusement a nui à son héritage littéraire, et on lui a si souvent emprunté qu'il est devenu dilTicile de lui restituer entièrement ce qui lui appartient.

Fauste trouva un adversaire de sa doctrine de l'âme dans le prêtre Claudien Mamert de Vienne {f v. 474)'. Un peu plus tard le grand évêque de la même ville, saint Avit (év. 490, -{- 526) ^, se distingua dans la poésie, mais écrivit aussi en prose contre les eutychiens et les ariens.

En Espagne, la littérature théologique, longtemps empêchée de se produire par les guerres qui bouleversèrent la péninsule ibérique, jeta un nouvel éclat à la fin du vi^ et durant le vu® siècle. Saint Martin de Braga (-f- 580) est surtout un moraliste : on lui doit cependant un opuscule sur le rite baptismal ^. Mais le grand docteur espagnol est saint Isidore de Séville (év. V. 600, -j- 636)''. Célébré par les conciles à l'égal des Pères les plus fameux, saint Isidore mérite ces éloges par l'étendue de son érudition et la fécondité de

1. OKuvres dans P.L., IJII. — Travaux : Jl. Sciiulze, Die Schrift des Claudianus Mamertus... ûber das Wescn der Scele, Dresdeo, 18S3. R. DE LA BiioisE, Mamerti Claudiani vita eiusque doclrina de anima hominis, Paris, 1890.

2. Edit. Ulysse Chevalier, Œuvras complètes de saint Avit, év. de Vienne, Lyon, 1890. — Travaux : A. Chabaux, Saint Avite, évêque de Vienne, en Dauphiné, Paris, 1876. «H. Denzingek, Aie. EcdUc. Avitus, archev. de Vienne, Genève, 1890. P. N. Frantz, Avitits von Vienne, Greifswald, 1908.

3. Cet opuscule, De trina mersione, se trouve dans Flouez, Espana sagrada, XV.

4. OEuvres dans P. L., LXXXI-LXXXIY. — Travaux : E. d'Auit-Bumes- NiL, Etudes sur la vie, les œuvres et le temps de ^aiut Isidore de Séville, dans l'Université catholique, t. XVI, 1843. M. Menandez Pelavo, Saint Isidore et l'importance de son rôle dans Ukistoire intellectitellc de l'Espagne, trad. franc, dans les Annales de philosophie chrétienne, tom. YIl, 1882, p. 258-269. C. H. Bbeson, Isidor-Sludien, Mûncl^en, 1913..

sa plume. Il s'est efforcé, dans ses écrits encyclopédiques, d'embrasser les sciences divines et naturelles à la fois, et de léguer au moyen âge un répertoire des oonaaissances k^rwaines. Mais c'est là, on le co^mprend, bi&n plus une œuvre de compilation que de réflexion personnelle. Saint Grégoire et saint Augustin ont fourni le plus clair de sa théologie.

De l'évoque de Tolède saint lldefonse (év. 659-667) * on possède entre autres un traité assez important De cognitione baptismi qui reproduit au moins dans son fond, ont pensé quelques critiques, un ancien traité (peMu) sur le même sujet de Justinien évêque de Valence, ittort après 546. Tolède eut un second théologien peut-être égal, et même supérieur en originalité à saint Isidore, dans l'évêque saint Julien (év. 680-690) ^. Né de parents juifs, Julien fut à la fois historien, théologien et controversiste, homme d'Eglise et homme d'État, et jeta, par son talent, un dernier éclat sur le royaume visigothique expirant.

C'est par le nom du vénérable Bède (672-735) ^ que nous clorons cette courte revue patrologique. Bède a été pour l'Angleterre ce que saint Isidore a été pour l'Espagne, un écrivain qui s'est efforcé de lui transmettre un résumé des sciences connues, et en particulier la quintessence des auteurs ecclésiastiques qui l'ont précédé. Esprit original et libre quand il compose l'Histoire de l'Église d'Angleterre, il s'attache étroitement à ses devanciers dès qu'il parle doctrine et théologie. C'est peut-être chez lui modestie voulue autant

i. OEuvres dans P. L., XGVI.

2. OEuvres dans P. L., XCVI. — Travaux : R. Hasow, De luliano toletana, lenae, 1894. P. a Wengen, Iulianus, Erzbischof von Toledo, St-Gallen, 1891.

3. OEuvres dans P. L., XC-XCV. — Travaux : K. Wei^neu, Éeda der Ehrwûrdige und semeZei7,Wien, Seédit., ISSl. B. Pi,.\iNE,Le vénérable Bède, docteur de l'Eglise dans la Revue anglo-rojnaine, III, 4893, p.

que réserve prudente, et moins preuve d'impuissance que diuimilité.

Quoi qu'il en soit, cette note d'impersonnalité est en somme, on le voit, la note dominante chez les écrivains dont nous avons à nous occuper, surtout vers la fin de la période que nous envisageons ici. Ils ne croient pas qu'après les génies qui les ont précédés, il soit possible de renouveler ni de faire progresser l'exposé doctrinal. Ils classent, ils codifient, ils donnent à leurs correspondants des solutions et des éclaircissements ; ils tiennent des conciles pour réformer les mœurs, mais ils restent plutôt à la surface du dogme. Et l'on ne saurait vraiment s'en étonner quand on songe au temps où ils ont vécu. C'était beaucoup, à cette époque et dans ce milieu, que de conserver le passé, et que d'inculquer aux terribles néophytes qui entraient dans l'Eglise, les éléments du catéchisme.

§ 2. — Les sources de la foi. L'Écriture, la tradition, la philosophie.

Saint Vincent de Lérins se demandant à quelles autorités doit avoir recours le chrétien qui veut conserver sa foi pure, et discerner l'erreur de la vérité, en indique deux, d'abord l'Ecriture, puis la tradition catholique : « primum scilicet divinae legis auctoritate, tum deinde Ecclesiae catholicae traditione * ». Saint Fulgence répond de même aux moines scythes qu'il va leur dire sur leurs questions ce qu'il a appris « canonicorum sancta auctoritate voluminum, paternorum quoque dictorum doctrina atque institutione ^ ».

Il y a donc deux sources où l'on doit aller puiser la vérité catholique. La première est l'Ecriture, les « li-

i. Comrnonitor., 2.

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