‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 229 sur 424 · EpiSt. XVIT · texte numérisé non relu

EpiSt. XVIT

vres canoniques », comme s'exprime saint Fulgence. Le catalogue de ces livres canoniques est déjà fixé dès la fin du i\° siècle pour l'Eglise latine. Un concile romain tenu sous Damase, probablement en 382, en a dressé la liste qui ne diffère pas sensiblement de notre liste actuelle ^ On la retrouve dans le quarantième canon d'un concile d'Hippone de 393 ^ et dans la lettre d'Innocent P"" à saint Exupère de Toulouse ^. Ces livres ont Dieu pour auteur : « Quid est autem Se riptura sacra, demande saint Grégoire, nisi quaedam epistula omnipotentis Deiad creaturam suam '^ ? » C'est l'Esprit- Saint qui les a écrits, puisque c'est lui qui les a dictés^. Remplis de lui, mus et conduits par lui, les auteurs humains, ravis en quelque sorte hors et au-dessus d'eux-mêmes, ont pu parler de leur propre personne comme d'une personne étrangère^.

L'Écriture est d'ailleurs susceptible d'être entendue •en plusieurs sens divers qui ne s'excluent pas. A la suite de saint Jérôme, nos auteurs y distinguent, avec saint Grégoire^, un sens littéral, un sens typique (ou doctrinal) et un sens moral, ayant rapport à la conduite de la vie ; ou, plus complètement, avec Cassien^, un sens historique et un sens spirituel, leq uel se subdivise à son tour en sens allégorique, sens anagogique (relatif aux mystères de Dieu et de la vie future) et sens tropologique ou moral. On sait avec quelle prédilection ce dernier sens a été cultivé par sa int Grégoire et

1. C'est le canon contenu dans le fameux décret dit de Gélase, De libris recipiendis, P. L., LIX, 157-180. S. Maksi, III, 924; cf. Hefele-LeclerCs), Hist. des conc, II, 1, p. 89.

3. Epist. YI, 13 (P. L., XX, 501). On peut voir dans saint Ildefonse de Tolède {De cognitione baptismi, LXXVIII) les règles pratiques qu'il ■donne pour l'adoption des livres contesiés.

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