Sermo LV, i; cf. LVII
Tious^auve que par sa mort^ ; et nous verrons dans un instant que la théorie réaliste de la rédemption ne lui est pas inconnue; mais enfin il est vrai que seul, ou presque seuP parmi les latins de l'époque que nous étudions, il a donné à la théorie mystique une place notable dans sa doctrine et dans ses écrits.
C'est à la théorie réaliste en effet — qui voit dans la passion la vraie cause de notre salut — que s'attachent surtout les auteurs de cette période. Indépendamment de sa vérité objective, elle était plus accessible aux esprits frustes qu'il s'agissait d'évangéliser, et plus capable de faire sur eux des impressions profondes. Saint Grégoire en particulier l'a abondamment et très heureusement exposée ; mais on en trouve chez d'autres écrivains aussi des traits qui méritent d'être notés.
Nos auteurs s'accordçnt d'abord généralement pour affirmer l'impuissance d^ l'homme à se délivrer luimême des liens du péché. La raison qu'ils en donnent -est que, pour cette œuvre, il était requis d'être innocent et libre, et que tout homme était et est captif et pécheur^. Les mérites des saints n'y pouvaient rien^ ; la nature angélique elle-même n'y aurait pas suffi, car €ette nature est tombée^. Que fallait-il donc ? Il fallait que Dieu lui-même prît notre nature, toute notre nature, et l'élevant ainsi, la rendît capable d'effacer les péchés du monde : « NuUatenus namque humana natura ad auferendum peccatum mundi sufficiens atque idonea fieret, nisi in unionem Verbi Dei, non naturali confusione, seà «olum personali unitate transiret^. » Et