‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 258 sur 424 · Inpsalm. IX, vers · texte numérisé non relu

Inpsalm. IX, vers

32, comme saint Grégoire devait le faire, et l'autorité de saint Grégoire entraîna généralement l'assentiment des écrivains qui s'inspirèrent de lui. Ainsi conclurent saint Isidore et saint Julien de Tolède ^ Quant à Bède, il n'enseigna pas seulement que Jésus-Christ connaissait en réalité le jour et l'heure du jugement ; il expliqua que le progrès en sagesse et en grâce de l'Enfant-Dieu était purement extérieur, le Sauveur révélant peu à peu aux yeux des hommes la grâce et la sagesse dont il était rempli dès le premier moment de sa conception 2.

Au contraire de celui de l'incarnation, le dogme de la rédemption n'a jamais été, dans la théologie ancienne, étudié'et traité pour lui-même, et on ne s'étonnera donc pas de ne rencontrer guère, dans les auteurs dont nous exposons la doctrine, qu'une répétition de ce qui a été dit avant eux ^.

Cependant la théorie physique ou mystique — qui voit dans le fait même de l'incarnation un principe de rénovation pour la nature humaine qui s'y trouve unie à la nature divine, — cette théorie, dis-je, toujours un peu négligée chez les latins, est bien mise en lumière par saint Léon. L'auteur y est amené d'une part par l'idée plus profonde de la corruption humaine qu'a développée la controverse pélagienne, de l'autre par fies propres réflexions sur le mystère de l'Homme- Dieu. Le diable, par sa malice, a détruit le plan

1. s. IsiDOR., Sentent., 1,27, 1; S. Julien, Prognostîc.,lU, 1.

2. In Matth., cap. XXIV, col. 104; Homil. I, 12, col. <>7 : . luxta hominis quippe naturam proficiebat sapientia, non quidem ipse sapientior ex tempore existendo, qui a prima conceptionis hora spiritL sapientiae plenus permanebat, sed eamdem qua plenus erat sapientiam caeteris ex tempore paulatim demonstrando... luxta hominis naturam proUciebat gratia, non ipse per accessum temporis accipiendo quo<3 non habebat, sed pandendo donum gratiae quod habebat. »

3. Y. J. Rivière, Le dogme de la Rédemption, chap. XVI, XVII.

Sa4 HISTOIRE DES DOGMES.

tprimitif de Dieu et gâté «on œuvre.: la nature humaine créée saine et immortelle est devenue corrompue dans ■son âme et idansson corps par la mort et le péché. Se guérir élle-^même, elle ne le peut : « Lethali vulnere i^befacta natura !nullum remedium reperiret, quia conditionem suam suis viribus mutar^ non posset^ » Cette condition ne saurait même être changée par un remède appliqué pour ainsi dire par le dehors, comme le sont des enseignements et des exemples donnés^ : il faut quelque ckose de plais intime ; il faut que le Verbe de Dieu, Dieu lui-même, en s'unissant à la nature humaine, en la prenant en lui, la guérisse de son mal eit opère en elle une réno<vatiQn. C'est pour cela que rincarnation est nécessaire, nécessaire non pas absolument, mais étant supposé que la miséricorde de Dieu veut nous relever et nous «auver : « Nisi Verbum Dei caro fieret et habitaret in nobis, nisi in communionem creaturae Creator ipse descenderet, et vetustatem humanam ad novum prineipium sua nativitate revo caret, regnaret mors ab Adam usque in finem, et super omneshomines condemnatioinsolubilis permaneret^. » Ainsi devenu notre chef par son incarnation, Jésus- Christ, Dieu et homme, fera passer dans ses membres, que nous sommes, la vertu qui est en lui : « Nihil enim non ad nostram salutem aut egit aut pertulit (Christus), ut virtus quae inerat eapiti inesset etiamet corpori^ . »

Ce n'est pas à dire que saint Léon regarde l'incarnation comme suffisant seule à nous sauver. Au contraire, il déclare que « la passion du Christ contient le sacrement de notre salut ^ »; que Jésus-Christ ne

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