‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 29 sur 424 · Elle est du commencement de novembre · texte numérisé non relu

Elle est du commencement de novembre

4. V. sur eux l'article du P. J. Mahf, Les anathématismes de samt Cytille d'Alexandrie et les évêques orientaux du palriarchat d'Antioche dans la Revue d'histoire ecclésiastique, Yll (l'J06), m-ô et suiv.

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grand rôle pour qu'on n'en indique pas l'objet précis.

Le premier affirmait la légitimité du Osotoxoc;.

Le second enseignait que l'union du Verbe avec la chair est une union xaô' uitoaTacnv.

« Si quelqu'un, déclarait le troisième, divise, dans le Christ un, les hypostases après l'union, les associant par une simple association de dignité, d'autorité ou de puissance, et n'admet pas plutôt entre elles une union physique, qu'il soit anathème \ »

Le quatrième déclarait que l'on ne peut attribuer à deux personnes ou à deux hypostases (Trpotromotç Suaiv :^YOuv uiroffTocaeai), ou séparément à l'homme et au Verbe dans le Christ ce que les Ecritures ou les saints ont dit de Jésus-Christ.

Le cinquième condamnait l'expression ÔÊo^^opoç àvôpwTToç pour désigner le Christ, et le proclamait fils un et par nature, uîov eva xal cpuaei.

Le sixième écartait l'idée que le Verbe fût le Dieu ou Seigneur du Christ : le même est, en effet. Dieu et homme.

D'après le septième, Jésus-Christ, en tant qu'homme, n'était pas mû par le Verbe ni revêtu de sa gloire, comme une personne qui aurait été distincte de ce Verbe.

Le huitième anathématisme rejetait l'unité d'adoration entendue au sens nestorien. L'homme pris par le Verbe ne doit pas être conadoré et conglorifié et connommé Dieu avec le Verbe, wç iTepov Iv étépw : mais bien adoré avec lui comme le terme unique d'une unique adoration.

Le neuvième affirmait que l'Esprit-Saint n'est pas

1. El Ttç inX Toû évàç XpiaroO Siaipeï Tàç v»7ro<7Tâ<Teiç [i.eià t/Jv Ivwctiv, [aov^ cuvàuTCov aûtàç ovvaçeîa t^ xaxà tt)v à^iav, ^youv aûÔEvria 9i SuvaffTst^, xai oùxt ô^ (i.à>Xov ouvoSco t^ xa6' ëvcoortv <ï)VGixriv,-âvâôey,a eaTo),

une puissance étrangère à Jésus (iXXotpia 8uva[xei), et qui lui a donné le pouvoir de faire ses miracles, mais qu'il est son propre Esprit (toiov ootoû to Trveufxa), par qui le Sauveur a accompli ses œuvres divines.

Le dixième enseignait que notre prêtre et pontife est non un homme distinct du Verbe incarné, mais le Verbe incarné lui-même ; et que ce pontife n'a pas offert le sacrifice pour lui, car il était sans péché, mais pour nous seulement.

Le onzième disait que la chair du Seigneur est la chair propre (tâia) du Verbe, et non d'un autre qui serait uni au Verbe seulement xaxà t-^,v à^(av : qu'en conséquence elle est vivifiante (Cojottoioç), étant la chair propre du Verbe qui peut tout vivifier.

Enfin le douzième anathématisme proclamait que le Verbe a souffert, a été crucifié, et est mort dans sa chair (Traôovxa aapxi, xai lorxaupoifxevov aapxi, xai ôavarou YEucrauLÊVov aapxi), et qu'il est devenu le premier-né d'entre les morts, étant, comme Dieu, la vie et principe de vie.

Ces formules dénotaient assurément dans leur auteur un théologien exercé, et, s'opposant à d'autres formules reprochées à Nestorius, elles était combinées de façon à ne lui laisser aucune échappatoire. Mais elles offraient deux inconvénients. D'abord, elles entraient dans un luxe de détails et de précisions que le pape n'avait point demandés. Ensuite et surtout elles présentaient le dogme dans la conception et le langage propres à saint Cyrille, conception et langage qui, on le verra, n'étaient pas sans défaut, et que Nestorius notamment ne pouvait accepter. Ainsi, le deuxième anathématisme affirmait que Tunion de la divinité et de l'humanité en Jésus-Christ était xa9' ÔTroffxaffiv . Or le mot uTroffTaffiç, je l'ai déjà remarqué, n'avait pas encore, en matière christologique, de si-

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gnificatiôii ferme. Pour Ne«torius, il désignait là substance co ncrète ^ ; Cyrille le confond tantôt avec itpotytoTcov, t antôt avec cpuaiç 2. Mais surtout l'expression evwaiç cpuffixii Contenue dans l'anathématisme in était des plus regrettables. J'ai traduit cette expression par « union physique », par opposition à union morale, qui est le sens que saint Cyrille avait en vue, comme lui-même Ta expliqué : mais il était inévitable que des adversaires prévenus la comprissent en ce sens que la divinité et l'humanité ne formaient plus en JésU8-Ch rist qu'une seule nature après l'union. C'était l'apollinarisme, c'est-à-dire l'erreur même qu'ils avaient voulu combattre et dont la crainte les avait jetés dans l'excès opposé. Comment espérer les y faire souscrire?

Aussi ne le voulurent-ils pas. Nestorius répondit aux anathématismes de saint Cyrille par douze contreanathématismes^, dans lesquels il maintenait sa doctrine et condamnait celle de son rival, où il prétendait toujours voir Tapollinarisme. Jean d'Anlioche, et les antiochiens mêmes qui d'abord avaient conseillé à Nestorius la soumission, se trouvèrent retournés. André de Samosate, au nom des évêques d'Orient ■*, Théodoret, en son nom personnel^, attaquèrent l'écrit de saint Cyrille et notamment l'anathématisme m qui

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