‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 312 sur 424 · V. supra, p · texte numérisé non relu

V. supra, p

tent l'enfer et qu'actuellement nous appelons mortels^ .

L'expiation est publique et plénière pour certains crimes énormes et scandaleux : plus ordinairement, elle est privée. Cette pénitence privée se substitue de plus en plus à l'ancienne pénitence publique, et devient à peu près la seule pratiquée. Mais de plus, elle tend à se tarifier par l'usage des pénitentiels, chaque catégorie de fautes ayant sa peine fixée d'avance.

L'absolution reçue d'abord publiquement le jeudi saint, en dehors du cas de maladie, se donne maintenant privément et à tout moment de l'année. En principe cependant, elle n'est accordée qu'après l'accomplissement de la satisfaction pénitentielle ; mais on constate déjà des exceptions à cette règle, et ces exceptions ont tendance à se multiplier de plus en plus.

La pénitence plénière et solennelle ne se réitère pas; mais la pénitence privée peut se réitérer. De celle-ci le simple prêtre devient le ministre ordinaire : il reçoit la confession, fixe la satisfaction, et réconcilie le pénitent.

1. C'est le sens que donne saint Césaire à l'expression peccaia capitalia. Présentant des exemples de cette sorte de péchés, il énumère : € sacrilegium, homicidium, adulterium, falsum tesiimonium, furtum, rapina, superbia, invidia, avaritia et, si longo teacntur, iracundia, et ebrietas si assidua sit in eorum numéro computatur . {Serjno CIV, 2; cf. XIII, r;; LXVlïl, 3). On remarquera que le sacrilège, plus général, a remplacé Vaposlasie ou Vidoldtrie. La tendance est d'ailleurs de considérer les trois anciens péchés ad morlem comme les trois types des péchés contre Dieu, contre le prochain et contre soi-même, sous lesquels on range tous les autres. Saint Fulgence, distinguant \es poccala levia, qui sont le fait des justes, despeccala gravia, qui sont le fait des méchants {iniqui), dit que ceux-ci commettent ces péchés de trois façons : • aut enim sacrilegiis, aut llagitiis, aut facinoribu» )niplicantiîr ». Les sacrilegia comprennent l'apostasie et l'hérésie; ie& fiagitia sont les péchés contre soi-mi''me(ni seipsis immoderaii atqiie obscetii turpiter vivunt)', et enfin par les /"acj'nora il faut enlernîreies dommages causés au prochain : • qnando alios aut damnis aul <>iiii)aslil)et 0(>pressionibus crudeliler laedunt . {De incarnolio^e, S»'-, 37\ — On sait que saint Grégoire co'mple sept vices capitaux qui naisse.cl de l'orgueil, leur racine : • inanis gloria, invidia, ira, trislilia, avariîia, ventiis ingluvies, luxuria » {Moral., XXXI, 87; cf. S. Isidore, Différent., II, 461-168).

414 histoirï; des dogmes.

Enfin le fait d'avoir reçu la pénitence même plénière, si d'ailleurs on n'a point confessé de crime scandaleux et, si l'on n'a pas, de fait accompli la. j^é.nitence. publique, n'est plus un. obstacle à l'entrée dans le clergé et à la réception des ordres supérieurs. Réciproquement, leS: clercs même des ordres supérieures sont admis à la pénitence canonique, et ils conservent néanmoins leurs fonctions, si d'ail]eur§ les fautes commises par eux n'exigent pas qu'ils fassent publiquement pénitence et n'ont pas enliraîné leur déposition.

§ 11. — L'extrême-onction, l'ordre, le mariage.

La mention de l'extrême-onction, que nous avons ijencontrée au commencement du v® siècle sous la plume du pape Innocent P*" écrivant à Decentius, se retrouve plus fréquemment à mesure que l'on descend dans le haut moyen âge, et presque toujours avec rappel du texte de saint Jacques, v, 14, 15, où l'on voit cette cérémonie clairement indiquée : « Quoties aliqua infirmitas supervenerit, écrit saint Césaire *, corpus et sanguinem Christi ilie qui aegrotat accipiat : et inde corpusculum suum ungat ; ut illud quod scriptum est impleatur in ço, Infirmatur aliquis, inducat presbyteroSy et orent super eum ungentes eum oleo; et oratio fidei &alvubit infirmum, et alleviahit eum Dominas; et si in peccatis sit, dimittentur ei. » Des textes analogues reparaissent dans Cassiodore ^, dans Sonnatius de Reims (600-631) ^, dans saint Éloi de Noyan (640-659)^, dans le vénérable

Page 1