III, 4, col
3. III, 7, col. 1012; 17, col. 1068-1072; Contr. iacob., 52, col. 1461.
4. III, 14, coi. 1044: 21, 22, col. 1084-1088; De duab volunt.,38, col. 177.
sions et de la corruptibilité du corps de Jésus-Christ. Les passions indifférentes sont admises, la colère (6u(xoç), la tristesse et l'ennui (^ Xutcy] xa\ ^ àor.ixovia), la crainte (^ SsiXta), au moins en tant que celle-ci est Teffroi instinctif de l'âme en face d'un danger ou de la mort, mais non en tant qu'elle est l'effet de l'ignorance ou de la pusillanimité. Les passions mauvaises sont écartées. Encore les premières ne prévenaientelles point, dans leurs mouvements, chez le Sauveur, l'usage de la raison et lui restaient-elles parfaitement soumises ^ .
Le corps de Jésus était passible, accessible aux besoins et aux faiblesses de la vie végétative et sensitive^. Il était sujet à cette corruptibilité partielle qui est celle des aliments dans le corps et des éléments mêmes du corps qui sont rejetés par la sueur, la salive, etc., à mesure que d'autres les remplacent : c'est ce que l'auteur appelle xojx^ xal ^euaiç [sectio et diffluxio). Il était sujet aussi à cette corruptibilité qui se confond avec les souffrances qui vont à faire périr le corps, la faim, la soif, la mort : mais il est une corruption plus complète, la dissolution totale et la désorganisation des éléments dont le corps est composé (Siacpôopa) ; et celle-ci, le corps du Sauveur ne l'a pas connue et ne pouvait la connaître : elle eût été contraire à sa dignité^.
Reste la question des deux volontés et des deux opérations en Jésus-Christ. Au moment où écrivait saint Jean, il ne s'était guère écoulé plus de cinquante ans depuis que la controverse avait été dé-
1. III, 20, 23, col. 1084, 1088, 1089; De duab. volunt., 36, 37, col. 176,
2. Parmi les fonctions végétatives, saint Jean exclut cependant comme inutiles en Jésus-Christ tè 6è (JTrepfiaxixèv xai "yevvriTtxév [De duab. volunt., 37, col. 176).
3. III, 28, col. 1097-HOO; De duab. volunt., 36, col. 173-176.
finitivement trancliée par le VI* concile général, et il pouvait paraître encore utile de justifier sa solution.
Dans cette justification, le Damascène suit absolument saint Maxime. Comme lui, il distingue avec soin les divers sens du mot volonté. Autre chose est l'acte de la volonté (ôeXrjanç), autre chose l'acte de vouloir simplement (to 6D^iv) ou de vouloir ceci ou cela, de cette façon ou de cette autre (to ti xai utuqôsAeiv), autre chose ce que nous voulons, l'objet de notre vouloir (to 6e£Tov), autre chose le principe actif du vouloir (to ôeXeTixo'v) et autre chose enfin celui qui veut (ô ôéXcov). Or, s'il est vrai que l'objet du vouloir et la façon de vouloir varient avec chaque individu, et dépendent, dans une certaine mesure, de la personne, parce qu'ils dépendent de la liberté \ il est certain que la volonté, faculté et acte, le principe actif du vouloir et le vouloir simplement appartiennent à la nature, car tout homme est capable de vouloir et veut en effet 2. Il y avait donc en Jésus-Christ, puisque en lui les deux natures divine et humaine étaient complètes, deux volontés et deux libertés; deux volontés, disons-nous, différentes^ non opposées. Et la question de leurs rapports est aisée à résoudre : car la volonté humaine de Jésus-Christ, n'étant point inclinée au mal, restait toujours soumise à la volonté divine, et ne voulait que ce que celle-ci voulait; mais elle le voulait humainement et librement : riOsXs ixïv aùxg^oucriwç xtvouaÉvT] y) tou Kupiou «{'^X'^» *^^' ^^^'^^ aÙTe^ouaiwçvjôeXcv
.. Iir, 14, col. 4036, 1040; De duab. volunt., 24, col. 153 : Toôeî.exixév, où cpuatxôv (xôvov àXXà xal YvtofAtxèv xoi ûuooTaTtxôv. Cela ne veut pas dire que la liberté soit chose de la personne et non de la nature, car l'homme est par sa nature aùis^oucio; comme il est QeXrjTtxo; (lll, 14, col. 1037, 1041; 18, col. 1076), mais chaque individu lait de sa liberté l'usage qu'il veut.
2. De duab. volunt., 24, col. 1^3; De fide orth., III, 14, col. 1036, 1040.
S ^ ôeia auTOu U\f\(si<; tjÔsXs ôIXeiv auT7]v*. En vertu de la -TTEpi^^wpTiaiç, la volonté humaine du Sauveur se trouvait divinisée comme, en général, toute son humanité 2.
Or, ce qui vient d'être dit de la vo*lonté peut s'^étendre à toute opération (Iv&pyeia). Co-mme il Ta fait plus haut, notre auteur pose encore ici des distinctions nettes : "Etspov oov èvéçr^ita, xai i'repov to Ivep^siv, xai l'-cepov to ti xai irwç evepygîv, xai l-rspov to IvspyYjTov, TouTSffTt TO svep-YVjfxa, xat etspov xo IvEp^stiKOv, xal sTspov ô IvspYwv^. Le mot Ivépyeia peut désigner ou la faculté d'agir ou l'action elle-même ; mais quoi qu'il en soit, et quelle que soit la définition qu'on en donne, il faut toujours convenir qu'elle est partie intégrante et nécessaire de la nature, et que sans elle il n'y a que néant : Koù àir^wç êittsîv, Ivépysià icn cpvxjtxyj, r, Ixacrtrjç oùataç 8uva|xi<; ts xa\ xivrjcrtç, ^ç ycopiç ftovov to [jt.Yjov''. Si donc on reconnaît en Jésus- Christ une nature humaine, on doit aussi lui reconnaître des facultés et des opérations humaines, à côté des attributs divins et des opérations divines^. H y a donc en lui deux opérations comme deux volontés libres, comme deux natures.
Quel est le rapport de ces deux sortes d'opérations entre elles? C'est le rapport même qui existe entre les natures, celui d'une union intime sans confusioiï. Comme les deux natures agissantes sont unies dans l'identité de personne, l'une n'agit pas sans l'autre,
!.. m, 13, 14, 18, col.l033..,1074-107&;De duab. voîunt., 26-29, 39-42,go1. 1S7 et suiv., 177 etsniv. Saint Jean n'admet donc en Jésus-Clirist qu'un ôsXsTov yvwu-ixov, c'est-à-dire un seul objet voulu délibérément par les deux volontés (UX, 14. coi. 1036, 1037). Voir la note à ce passage. Sur les divers sens du mot YvwfJLri, -voir ni, 14, col. 1045.