‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 389 sur 424 · Œuvres dans P. L., XCVI · texte numérisé non relu

Œuvres dans P. L., XCVI

4. ŒiKM«fc3 dans P.L., XCIX. Travaux : G. Giannoni, Pau?înu«/i,Pafr.

Ces noms, si l'on excepte celui d'Alciiin, paraîtront bien effacés à côté de ceux qui ont été cités au commencement et au milieu de ce volume, et plus encore dans le volume précédent. Mais, pour être tout à fait juste, il ne faut pas juger ces hommes uniquement sur ce qu'ils ont produit : il convient de tenir compte du temps où ils ont vécu et des difficultés qu'ils ont dû vaincre. On admirera davantage alors la ténacité et la puissance intellectuelles qu'ils ont déployées pour s'affranchir de la barbarie qui les pressait, et pour rester fidèles au passé glorieux dont ils recueillaient l'héritage.

§ 2. - Controverse trinitaîre. Le Filioque^.

On s'est occupé, sous le règne de Charlemagne, de la question du Filioque à deux points de vue différents. D'un côté, l'empereur et roi adopte l'usage de faire réciter à la messe, dans ses états, le symbole de Constantinople avec l'addition du Filioque, et presse le pape, qui s'y refuse, d'adopter pour l'Eglise romaine le même usage. Le pape et le prince sont d'accord sur le fond doctrinal : ils ne sont séparés que par une question de formule et d'opportunité. D'un autre côté, on commence à discuter contre les Grecs sur la doctrine même de la procession du Saint-Esprit a Filio. Le débat ne porte plus sur une formule, il porte sur la vérité que cette formule traduit : le piince et le pape sont unis contre un adversaire commun. Il est essentiel de distinguer ces deux aspects de la question, qui n'ont

von Aquileia, Wien, 1856, G. Foschia, S. Paolino, pair. d'Aquileia ed il «KO seculo, Udine, 1884.

1. V. sur ce paragraphe : G. Dubois, De conciliis et theologicis disputationibus apud Francos, Carolo Magno régnante, habitis, Alençoi.,

LA THÉOLOGIE LATINE SOUS CHARLEMAGNE. 5î9

pas, comme on peut le voir, la même importance dogmatique. Et c'est pourquoi, pour plus de clarté, j'en traiterai séparément, bien que l'histoire les ait parfois mêlés.

Nous avons dit plus hautque,dès le v«et levi® siècle, à la suite de saint Augustin, la doctrine de la procession du Saint-Esprit a Pâtre et Filio était universellement admise dans l'Église latine. Non seulement les docteurs l'enseignaient, mais elle avait pénétré dans certaines professions de foi particulières, comme celle de Pastor de Galice, et dans le symbole Quicunque vult dont l'autorité devait être si grande ^ Restait qu'elle fût introduite dans le symbole officiel et dans la liturgie : ce fut l'œuvre des Espagnols d'abord, puis de Charlemagne et enfin des papes.

C'est en 589, au concile assemblé à Tolède^ pour l'abjuration solennelle de l'arianisme par Récarède et ses sujets, que nous trouvons pour la première fois le symbole de Constantinople récité avec l'addition (équivalente) du Filioque. Dans cette réunion, le roi lut d'abord une déclaration de foi composée par lui-même. Il y ajouta les symboles deNicéeet de Constantinople, ce dernier avec la formule : v Credimus et in Spiritum sanctum dominum et vivificantem, ex Pâtre et Filio procedentem^ . » Puis, les évêques goths nouvellement convertis émirent vingt-trois anathèmes, dont le troisième définissait encore la même doctrine ; et enfin le synode, sur la demande de Récarède, ordonna que, dorénavant, le symbole de Constantinople serait, à l'imitation des Grecs, récité à la messe avant le Pater — avec l'addition faite par le roi évidemment^. Du même

4. V. K. KuEissTLE, Antipriscilliana,p. 46etsuiv., qu'on ne suivra pas aveuglément.

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