Mansi, IX
4. Ce point ressortira spécialement de ce qui seradit un peu plus loin.
coup, la doctrine du Filioque eniraii dans le formulaire officiel de l'Eglise et dans la liturgie.
Un siècle après, au plus tard, elle pénétrait encore dans la liturgie gallicane par une autre voie, la préface de la messe ^ Mais, en dehors de l'Espagne, on se montra moins empressé à l'admettre dans les symboles. Elle ne se trouve ni dans la profession de foi du concile de Latran de 649 sous Martin P'", ni dans celle du synode de Milan de 679 ^ , ni dans celle du concile de Rome tenu sous Agathon en 680^. Seul, entre les synodes préparatoires au VI® concile général, un concile anglosaxon de Heathfield, en 680, termina sa lettre synodale par les mots: « glorificantes Deum Patrem... et Spiritum sanctum procedentem ex Pâtre et Filio inenarrabiliter'' ». Ce n'était point là, en toute hypothèse, le symbole de Constantinople.
L'usage espagnol de réciter ou de chanter à la messe le symbole de Constantinople avec l'addition dut être adopté à la cour de Charlemagne aux environs de l'an 780. Dans le mémoire extrait des Livres carolins et envoyé en 794 au pape Hadrien, en effet, un des reproches que Charles adressait au VIP concile général de Nicée était celui-ci : « Quod Tarasius non recte sentiat qui Spiritum sanctum non ex Pâtre et Filio, secundum nicaeni symholi fidem, sed ex Pâtre per Filium procedentem in suae credulitatis lectione profi-
1. En effet, la première contestatio de la troisième des messes gallicanes de Mone, dont le manuscrit est de la fin du vu» siècle, porte le texte : « Dignum et iustum est, vere equuna et iustum est nos tibi gralias agere,omnipotens, aeterne deus, pater, unigenite, spiritus sancte ex pâtre et filio mystica processione subsistens » (P. L., CXXXVHI, 867).
2. P. L., Lxxxvil, 426S, ans la lettre de Damien de Pavie à l'empereur Constantin.