‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 398 sur 424 · Eginuako, Annales, ann. 792 (P. L., GIV · texte numérisé non relu

Eginuako, Annales, ann. 792 (P. L., GIV

et le Languedoc, pendant qu'Elipand la propageait dans la Galice et les Asturies. Bon nombre d'évêques l'acceptèrent ; mais entre ceux qui s'y rangèrent dès la première heure, il faut signaler surtout l'évêque Ascaricus dont le siège est inconnu, et un abbé Fidelis à qui Elipand en écrivit ^ La secte avait dans Cordoue des adeptes qui fournissaient aux chefs les arguments dont ils avaient besoin 2; et c'est à ce centre d'erreur qu'Alcuin rapporte l'origine de tout le mal : « Maxime origo huius perfidiae de Cordua civitate processit^. »

J'ai déjà dit en substance quelle était l'erreur d'Elipand et de Félix, et il suffira de quelques lignes pour compléter cet exposé. Les adoptianistes admettaient expressément la divinité et l'éternité du Verbe, son incarnation et son union hypostatique avec la nature humaine. Le Verbe ne forme avec l'humanité qu'il s'est unie dès. le premier instant de la conception qu'une personne unique. Le nestorianisme était donc, en principe, nettement repoussé, et les textes paraissent formels''.

Seulement les adoptianistes y revenaient, sans s'en apercevoir, par un autre chemin. Faisant en effet de la filiation un attribut de la nature et non de la personne, ils distinguaient dans le Christ, en vertu de ses deux natures, une double filiation vis-à-vis de Dieu. Par sa nature divine et comme Verbe, il est fils naturel de Dieu : il l'est natura, veritate, proprietate, génère, nativitate atque substantia; mais par sa nature humaine il est fils de Dieu non natura^ sed gratia, elec-

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