‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 402 sur 424 · P. L., XCVI · texte numérisé non relu

P. L., XCVI

L'évêque et l'abbé qui en eurent connaissance ripostèrent par un long mémoire en deux livres adressé à Elipand, et où ils s'appliquaient à réfuter ses idées. C'est VHeterii et sancti Beati ad Elipandum epistula^, dont la fin manque.

Cependant, la controverse commençant à faire du bruit, le pape intervint. On a d'Hadrien une lettre énergique aux évêques d'Espagne signalant, entre autres erreurs à éviter, celle d'Elipand et d'Ascaricus, et qui doit être de 785 2. Elle ne semble pas avoir obtenu grand résultat. L'intervention de Charlemagne fut plus efficace. Urgel était dans ses états, et ses états étaient troublés par la nouvelle doctrine. En 792, il réunit à Ratisbonne un concile d'évéques de la Germanie, de l'Italie et de la Gaule, dont les actes sont perdus, mais dont on sait, en substance, par divers auteurs, ce qui s'y passa ^. Félix d'Urgel dut comparaître : il put exposer et défendre sa doctrine. Elle fut condamnée, et lui-même, convaincu et repentant, se rétracta soit devant le concile, soit devant le pape à qui on l'envoya. Il lui fut alors loisible de rentrer en Gothie, et peut-être d'occuper de nouveau son siège d'Urgel.

C'est le premier acte de ce drame. Le second commence par une rechute doctrinale de Félix, qui, pour éviter les rigueurs de Charlemagne, s'enfuit chez les sarrasins, sans doute auprès d'Elipand. C'est là que vint le trouver une lettre d'Alcuin, toute pleine de termes d'estime et de charité'*, et qui le conjurait de ne pas résister davantage à l'autorité de l'Eglise et des

Page 1