V. Pseudo-Zacharie, ap. Lebon, p
5. Lebon, op. cit., p. 163 et suiv., 538 et suiv. V. aussi Eustathe, De duabus naturis, P. G., LXXXVI, 1, col. 909 A. La controverse commença vers l'an 5i5.
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l'allure d'un parti comme le firent les aphthartodocètes. L'origine de ceux-ci est bien connue ^ . Sévère d' Antioche et Julien d'Halicarnasse en Carie (510?-536) ayant dû fuir en Egypte à l'avènement de Justin 1er, une controverse s'éleva entre eux sur ce qu'il fallait penser de la corruptibilité du corps de Jésus-Christ. Par ce mot, remarquons-le bien, il ne faut pas entendre seulement la tendance à se décomposer, mais d'une manière plus générale la passibilité, l'aptitude à éprouver les souffrances et même les besoins naturels, la faim, la soif, à ressentir les mouvements des passions honnêtes (TcàOyj aSiaêXvjTa), comme la crainte, la joie, etc. Sévère se prononçait pour la corruptibilité : Julien soutint l'incorruptibilité. Par suite de son union avec le Verbe, disait-il, et dès le premier instant de cette union, l'humanité du Christ avait été élevée au-dessus des lois qui s'imposent à la nôtre, avait reçu des propriétés différentes de celles qui conviennent à la nôtre. Elle était absolument et radicalement incorruptible : il n'y avait en elle oute xpoTciQ, oute SiaîpEaiç, oute àXXoiwonç, ouTs TcpoêoXiQ, OUTE txExaêoXT]. C'ost par suito d'uue erreur venue des sens que l'on attribue au corps du Christ tous ces changements. On donna à Julien et à ses partisans le nom à' aphthartodocètes (acpôapxoooxrÎTai) ou même de phantasiastes, comme les appelle Sévère, ou encore àe julianistes ou gaïanites, d'un certain Gaïanos qui fut leur évêque à Alexandrie. A leur tour, ils
4. V. 8ur ce qui suit LiberAt, Breviarium, 19 (P. L., LXVIII) ; Pseodo- Zacharie, HisL eccles., IX, iH; Léonce de Byzange, Contra nestorianôs et éutychianos, n {P. G., LXXXVI, 4); De sectis, actio Y, 3; actio X (ibid.). Sur le» écrits de Sévère à cette occasion, voyez une note de Lebon, op. cit., p. 173 et suiv. Cf. Jonglas, Leontius von Byzanz, p. 100- 103; J. C. L. Gieseler, Commentatio qua monophysitarum... errores... illustrantur, pars II, Gôttiogue, 1838. Il est remarquable que les aphthartodocètes partaient d'un point de vue sotériologique pour soutenir leur opinion. L'humanité de Jésus-Christ, en principe semblable à la nôtre, ne devait pas être corruptible pour sauver une nature corruptible.
traitèrent leurs adversaires de phthartolatres ou cor^ rupiicoles. Mais d'ailleurs, leur système, sous une forme adoucie, parvint à se faire admettre même dans certains milieux orthodoxes. Léonce de Byzance nous présente sous le nom d'aphthartodocètes des gens qui veulent bien que l'humanité du Christ ait été corruptible en fait, mais non pas en droit. L'humanité du Christ, disaient-ils, innocente, née d'une vierge, unie au Verbe, devait être semblable à celle d'Adam avant la chute, telle que sera la nôtre après la résurrection glorieuse, naturellement impassible et immortelle (àîraôsç xa\ acpÔapTOv) .Si donc le Christ a souffert, ce n'est pas par une nécessité de sa nature (^vaYxî) çpuaewç), c'est par suite du plan de l'incarnation (Aoyo) oîxovojxiaç) ; ce n'est pas que la condition de son corps l'exigeât (<Tw(xaToç cputjEt), c'est parce qu'il l'a voulu (ôsXTiaei ôeoxYiToç) ; ses souffrances furent des miracles (ôaufxaToç X(Jyh*) ^ • C'est à cette doctrine adoucie que se rattacha sur la fin de sa vie (vers 565) l'empereur Justinien, qui publia en sa faveur un édit ordonnant à tous les évêques de l'enseigner 2. Il n'eut pas le temps de le faire exécuter.
Le prêtre Timothée de Constantinople qui écrivait, au commencement du vii® siècle, son ouvrage De receptione haereticorum, parle aussi des julianistes ou gaïanites 3, et met parmi eux les actistètes. Ces derniers cependant seraient mieuxplacés auprès de ces euty chiens que l'on a vus plus haut expliquer l'origine du corps du Sauveur par une transformation de la substance du Verbe. Poussant en effet jusqu'à l'excès la communication ou mieux l'identité des idiomes, les actistètes déclarèrent que le corps de Jésus-Christ était incréé aussi bien aue sa divinité; d'où le surnom d'àxTicrtviTai ou