p. L., LXVI, 44 et suiv
2. Le diacre romain Anatolius avait consulté le diacre Ferrand de Carthage, qui avait répondu ne voir aucune difficulté à l'admettre (P. L.. LXVn, 889 et suiv.).
3. P. L., LXVI, 17 et suiv., 20 et suiv. Les lettres sont du 24 mars
4. M. Harnack [Lehrb, der DG., U, p. 416) parle de ces formules comme d'un nouvel hénotique. C'est beaucoup dire. Le fait que des occidentaux et des africains les acceptaient marque bien qu'elles n'entamaient en rien l'autorité du concile de Chalcédoine.
5. Sur cette affaire des Trois chapitres en général, v. L. Duchbsmk,
134 HISTOIRE DKS DOGMES.
les avances à i'égard des dissidents. En 531*, des conférences se poursuivirent, sur ses ordres, à Constantinopie, entre un groupe d'évêques orthodoxes et un groupe 4'évêques mon^jphysites, pour tâcher d'amener une entente^. Elles sont restées célèbres par la mention, qui y fut faite pour la première fois, des écrits de saint Denys FAréopagite, dont les sévériens invoquèrent l'autorité. Hypatius d'Ephèse, au nom des orthodoxes, contesta immédiatement Fauthenticité de 'ces écrits. Comment, dit-il, si ces ouvrages étaient authentiques, n'auraient-ils pas été connus et cités par les anciens Pères, notamment par saint Cyrille^? Les conférences n'aboutirent à aucun accord*. Mais Justinien ne fut pas découragé par cet insuccès, et, fortement influencé par sa femme Théodora, monophys-ite dévouée, il fit venir à Gonstantinopie Sévère
Vigile et Pelage, dans la Revue des questions hiU&riques, t. XXXVI (1884). A. Knecht, Die Religions Politik Kaiser Justinians I, Wûrzburg, I89f). A. DE MEI9SA6, Nouvelles études stMr l'histoire des Trois Chapitres, dans les Annales de Phil. chrétienne, 1904. G. Glaizoixe, Justinien, son rôle dans les controverses, Lyon, 4905.
1. Ou 633 selon d'autres auteurs. Comme ces conférences paraissent avoir duré un temps considérable, une année et plus, les deux dates sont conciliables.
2. Bn voir la relation *trés abBégée dans Mansi, VlH, «17 et iSuiv.
3. Col. 824. L'auteur de ces ouvrages, que l'on n'a pu sûrement identifier encore, écrivait probablement vers la fin du v« siècle. \\ semble avoir appartenu au parti des sévériens, mais du reste s'être peu intéressé iaux controverses christologiques du temps. lOn tue trauve cliez lui ni la formule {xia (piiatç, ni la formule Suo (pijaeiç. Le Verbe, ou plutôt Jésus simple s'est composé ((TuveTÉOyj) sans changement et sans confusion (àvaXXatwtwç xai ct.<ro-^yyx&^) avec une humanité complète. Il était vraiment et entièrement homme (xax' oOatav ôXtqv à).r,6â)ç àvôpwTïo; ôv) ; mais cependant, tout en étant homme, il était au-dessus de l'homme. « Il n'opérait pas en Dieu les cjhioses divin<îs, ni les choses humaines en homme, mais il nous préacAtait une nouvelle opération théandrique d'un Dieu devenu homme » (âvôpwOévxo!; 6eou /xatviQv Tiva tviv ôsavSpiXYjv èvépyeiav yj[AÏv iceTroXiTsyptévoç) . Ces derniers mots occasionnèrent plus tard bien des commentaires (v. De divin, nominibus, I, § 4; II, 10; Epist. lY.ad Cftium, P. G., lU, 5yâ A, 648, 649, 4072).
4. Un seul évéque mQuqpb.VjSite,rBI)ilox6ue de îDaliche, se laissa gagner.
LBS IFHOIS CHAPITRES. 135
lui-même (534-535). C'était «ne imprudence. Son résultat le plus clair fut que le noureau patriarche de Constantinople, Anthime, choisi par les soins de Théodora pour succéder à Épiphane en 535, tourna complètement au monophysisme, et entra en communion avec Théodose d'Alexandrie. On allait à un nouveau schisme, sans l'énergie du pape Agapit. Prévenu par le patriarche Éphrem d'Antioche, et obligé de venir à Constantinople à l'occasion de l'invasion des Goths en Italie (535), Agapit força Anthime à démissionner et lui donna pour successeur Mennas (535-552). 11 mourut lui-même presque aussitôt après; mais la réaction chalcédonienne se continua pendant quelque temps, et l'on put croire un instant le péril monophysite écarté. Il durait toujours tant que vivait Théodora, et que Justinien ne renonçait pas à son envie de dogmatiser.
Cette envie reçut d'abord un aliment, par suite d'un réveil des doctrines origénistes dans certains couvents de Palestine. Le mouvement avait pris quelque importance et, vers 537, deux origénistes de marque, Domitien et Théodore Askidas, avaient été nommés respectivement évêques d'Ancyre et de Césarée de Cappadoce. Le patriarche Pierre de Jérusalem pensa qu'il fallait agir, et sollicita l'empereur de condamner, avec Origène, les erreurs professées sous son nom. Sa requête fut appuyée par l'apocrisiaire Pelage, le futur pape, qui se trouvait alors à Constantinople. Rien ne pouvait plus agréer à Justinien. Un long mémoire sortit de sa plume en 543, comprenant une lettre contre Origène suivie de vingt-quatre extraits du Périarchon, et dix anathématismes contre le grand docteur et ses opinions fausses^. Il n'était pas bien
4. MANSi, IX, 488-533; P. G., LXXXVI, 1, coi. 945-989. Je ne m'étendrai
clair qu'Origène eût soutenu, en fait, toutes les erreurs que lui attribuait l'empereur. Mais il importait peu. Un synode IvSrjfjLouda s'empressa d'adhérer à la condamnation portée contre lui, et les deux évêques origénistes, Damien et Théodore, qu'on avait cru embarrasser, en firent autant.
Seulement ils avisèrent et, afin de détourner de l'origénisme l'attention de Justinien, ils lui suggérèrent, dit Libérat^ de faire condamner Théodore de Mopsueste, Théodoret et Ibas, soupçonnés de nestorianisme et tout particulièrement détestés des monophysites. Cette condamnation, disaient-ils, ferait sur les dissidents la meilleure impression et ne leur laisserait, surtout après l'acceptation des formules scythes, aucun prétexte de refuser la communion des orthodoxes : l'unité religieuse serait enfin réalisée.
Cette raison avait quelque chose de spécieux, et il est bien vrai qu'en renonçant au voisinage un peu compromettant de Théodore, de Théodoret et d'Ibas, les orthodoxes rendraient plus inexcusable l'obstination des hérétiques. Aussi Justinien tomba-t-il immédiatement dans le piège qu'on lui tendait. Dès 544, il publiait un édit dont quelques phrases seulement se sont conservées 2. Il comprenait deux parties : une
pas sur cette affaire d'origénisme dont l'importance est très secondaire, et qui n'intéresse que médiocrement l'histoire des dogmes. On pourra consulter sur le tout V. Dieka.mp, Dieorigenistischen Streitigkeiten im sechsten Jahrhundert, Miinster, 1899; Hefele-Leglercq, Hist. des conc, II, 2, p. 1182 etsuiv.; et le résumé de F. Prat, Origène, Paris, 1907, Introduction. — En 552, Théodore de Scythopolis, obligé de souscrire aux dix anathématismes, dut en ajouter trois autres, condamnant un amalgame d'idées origénistes et du panthéisme de Bar Sudaili, connu sous le nom d'isochristisme (Libellus deerror. Origenis, P. G., LXXXVI, 1, col. 232-236). Plus tard encore, peut-être au V« concile général de 553, les évêques condamnèrent, sur la demande de Justinien, quinze autres propositions analogues (en voir le texte dans Maksi, IX, 395; Hefele, loc. cit., p. 1191 ; Hahn, S 175). Mais il est à remarquer qu'ils ne les attribuent pas à Origène.