Breviar., 24, col
2. Dans Facondos, Pro defensione trium capitulorum, II, 3 (P. L.,
lettre aux évêques contenant une profession de foi et, à la fin, une condamnation, à laquelle on devait souscrire, de Théodore (deMopsueste), des écrits de Théodoretet de la lettre d'Ibas à Marisa L'empereur toutefois réservait expressément l'autorité du concile de Chalcédoine, qui avait reçu comme orthodoxes Théodoret et Ibas : « Si quis dixerithaec nos ad abolendos aut excludendos sanctos Patres qui in Chalcedonensi fuerunt concilio dixisse, anathema sit. »
L'édit ainsi libellé devait, nous l'avons dit, être souscrit par tous les évêques. Les quatre patriarches de l'Orient s'exécutèrent, bien qu'à contre-cœur, et les évêques généralement les suivirent 2. Mais on voulait de plus l'assentiment du pape, et c'était le plus difficile à obtenir.
Le pape était alors Vigile (538-555). C'est par la protection de Théodora, dit Libérât, qu'il était arrivé au pontificat, et en retour de l'engagement qu'il avait pris auprès d'elle, étant apocrisiaire à Constantinople, de favoriser sa politique religieuse et de soutenir Anthime, Théodose d'Alexandrie et Sévère 3, Ces débuts étaient fâcheux. Une fois intronisé, Vigile tâcha de les faire oublier et d'oublier lui-même ses pro messes en écrivant à Justinien et au patriarche Mennasles lettres lesplus orthodoxes^. Or l'édit visant les trois chapitres
LXVn, S66, 367) et IV, 4(col. 628). On connaît la composition de l'écrit par la lettre de Pontianus à Justinien {ibid., col. 995).
1. C'est ce qu'on appela plus tard les Trois chapitres (xpia xeçàXata), à savoir : i° la personne et les œuvres de Théodore de Mopsueste; 2» les écrits de Théodoret pour Nestorius et contre saint Cyrille et le concile d'Éphèse; 3» la lettre d'Ibas à Maris.
2. Facundus, Pro defens., IV, 4 ; Liber contr a Mociannm (P. L., LXVII, col. 625, 626, 861); Libérât, Brev., 24, col. d049.
3. Libérât, Breviar., 22, col. 4039. Ne pas oublier que Libérât est un ennemi de Vigile.
4. P. L., LXix, 21, 25. Les lettres sont du 17 septembre «40. Quant à la lettre à Anthime, Théodose et Sévère, dans laquelle Vigile proteste qu'il professe la mêm foi qu'eux, et dont Libérât {Breviar., 22) et Vie-
Iâ8 HISTOIftÉ DES DOGMES.
n'imposait pas ôaiis doute le moiiophysisme, mais il avait toutrair, malgi'é les protestations de soki auteur, de cohtredife certaines décisions du concile de Ghalcédoine. Vigile s'en rendait compte, et il savait aussi que la masse des évêques occidentaux, surtout du nord dfe l'Afrique, de la Dalmatie et de l'Illyrie, voyaient du plus mauvais œil la tentative de l'empereur. Consulté, le diacre Ferrand de Carthage, alors une des lumières de l'Église d'Afrique, s'était nettement déclaré cotitre l'édita il pensait que l'on ne devait point juget* des morts, et qu'il y avait péril à revenir sur ce que les conciles ont décidé. Bref, Vigile se sentant soutenu, refusa de souscrire à la condamnation portée par Justinien. Tout eût été pour le mieux si le pape avait été indépendant; mais Justinien était alors maître de Rome* Il manda Vigile à Gonstantinople, et celui-ci, violenté probablement, dut partir.
Le 25 janvier 647 il arriva à Gonstantinople et montra d'abord la même fermeté- Puis, peu à peu^ cette intransigeance fléchit, et des conférences commencèrent pour examiner la question des trois chapitres. Entre les évêques qui y prirent part se trouvait l'évêque d'Hermiane, Facundus, qui nous a transmis des détails sur ces assemblées. Personnellement, Facun-^ dus abandonnait Volontiers Théodore de Mopsueste dont le concile de 451 ne s'était point occupé; mais il pensait que, à travers Théodoret et Ibas, c'étaient les décisions de Ghalcédoine qu'on voulait atteindre, et il les défendit de toutes ses forces^. Soixante-dix évêques cependant se prononcèrent contre les trois chapitres, et, le 11 avril 548, Vigile donna son lùdicatum.
tôt de ttrntitinum {Chronique, P. L., LXVlll, 957) donnent le texte, elle est très probablement apocryphe et l'œuvre des advërsàiréâ du pape ^Dl'CHesne, Le lib. pontifie., I, 300).