V. a. C. Jul. I
bien, au reste, aux châtiments qui l'accablent, aux misères qui pèsent sur toute la race par suite du péché1. Il perdit sa sainteté et sa justice; d'enfant de Dieu il devint l'esclave du démon, aiguillonné par la concupiscence déréglée, obscurci dans son intelligence, affaibli dans sa volonté. Son corps ne conserva plus le privilège de l'immortalité et fut sujet aux maladies et aux souffrances. Adam fut chassé du paradis et dut gagner son pain à la sueur de son front ; la terre ellemême fut couverte de la malédiction du péché et ne porta que des ronces et des épines. La sentence de mort s'ensuivit, non dans le sens qu'Adam dût mourir aussitôt sans la promesse du Rédempteur ; mais dans ce sens qu'ayant perdu la grâce de l'immortalité, il devait être un jour la proie du tombeau2. La damnation éternelle était désormais son partage, s'il ne reconquérait sa justification par sa foi et par sa charité envers le Rédempteur promis, et c'est ainsi qu'il put être délivré du limbus patrum3 par le Seigneur descendu aux enfers.
§ 69 (Suite)
Le péché originel d'après saint Augustin
Le péché d'Adam n'a pas été nuisible seulement à notre premier père, il est devenu le péché de tous. Les Pélagiens l'admettaient dans ce sens que par imitation, ce péché était passé à tous les hommes. C'était anéantir l'idée de la faute pesant sur les hommes depuis leur naissance. Saint Augus-