‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 102 sur 480 · LE PÉCHÉ D'ADAM · texte numérisé non relu

LE PÉCHÉ D'ADAM

tiques, qui expliquent le texte biblique dans le sens d'un paradis spirituel, sans en contester pour cela le coté historique ni surtoul la chute l.

IL si grands que fussent les privilèges de l'homme dans le p iradis, si supérieurs qu'ils fussent à ceux de notre état actui !. le comble de la félicité lui était réservé dans la possession inamissible de Dieu contemplé dans son essence. Voilà ce que l'homme devait mériter par sa libre persévérance dans la grâce-. Il fallait à cet elfe t une épreuve dans laquelle il montrerait s'il voulait s'attacher à Dieu par amour libre et libre obéissance, ou s'il chercherait ailleurs sa félicité. Voilà pourquoi Dieu imposa à nos premiers parents la défense de manger du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal. D'après saint Augustin, ce fruit n'était pas empoisonné et il ne produisait aucun dommage physique. Tout avait été créé bon par Dieu, et en particulier le jardin que Dieu avait lui-même disposé pour l'habitation de l'homme et où tout devait lui être utile. L'homme pouvait se rendre témoignage que s'il transgressait la loi de Dieu, il devait à >ance, et non aux effets physiques du fruit défendu, la mort et toutes les misères delà vie 3. Il fallait en outre que le respect de Tordre de Dieu apparût à l'homme comme un sacrifice d'amour et d'obéissance, et c'était un >;icriiice d'autant plus appréciable que le fruit défendu ne présentait en soi rien de nuisible ni de repoussant.

Du reste le péché d'Adam fut d'autant plus grand qu'il avait reçu plus de grâces et qu'il avait été élevé plus haut. San.s doute, il n'était pas l'égal des anges, c'est même pour cela qu'il ne fut pas irrémédiablement perdu; mais son pécl il bien considérable, si on s'imagine le nombre des

grâces qu'il avait reçues dans l'état primitif4. On le voit

-1. Ibid. VI, 39.

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