Op. imp. c. Jul. I
tin devait donc préciser contre les Pélagiens el La possibilité d'un te] péché et ses suites elles-mêmes.
I. Que le pérli.'' affecte tout homme dès sa naissance, ce n'est pas là sans doute une vérité donl L'évidence intime s'impose à notre raison. Saint Augustin n'a garde de le prétendre. Les Pélagiens, reprenant certaines de ses expression dans ses traités contre les Manichéens, lui reprochèrent même souvent d'avoir soutenu l'impossibilité de la souillure originelle de la nature humaine parlepéché. Pour saint Augustin comme pour l'Eglise, la doctrine de la sainte Ecriture et de la tradition était si claire et si explicite qu'il crut devoir exposer avec plus d'exactitude que précédemment son idée sur le péché. Pour faire constater donc la vérité de la doctrine de l'Eglise sur la transmission héréditaire du péché, il fait souvent appel à saint Paul (Rom. 5, 12 et suiv. ' ; I. Cor. 16, 21, 22; Eph. 2, 3), à d'autres passages encore, aux sentiments des anciens Pères, en particulier de Gyprien, Hilaire, Ambroise, Grégoire de Xazianze, Ghry-nstome, etc.2; il insiste spécialement sur la pratique de l'Eglise, qui baptise les enfants pour obtenir la rémission de leurs péchés (in remissionempeccatoruut) : les Pélagiens ne pouvaient plus contester dans l'Eglise la croyance à un péché transmis par hérédité. Saint Augustin veut cependant justifier par la raison cette doctrine fondée sur la révélation. Il demande pourquoi l'homme est exposé aux souffrances, aux peines de la vie, pourquoi il est si puissamment incliné au péché, pourquoi enfin les dérèglements de la concupiscence si ce n'est par une punition du péché 3. Il semble que le saint docteur veuille tirer de notre état actuel une preuve formelle de l'existence du péché originel4. Mais on aurait pu lui objecter: Dieu aurait-il