Hom. 2 in Dorm. c. 3 (II
3. Ibid. c. 10 (P. 874) : Tv;v itpvy tkùtt& 'rj'/7^ xa< tûtr-pivi) re xoù bt/m*-
4. Ibid. : &.è£v.i «cJ tïîv ?oi 2i).r,y \Lvytiv. r,t STripv.7Cic RusuTtrcv.
l'immaculée conception 189
de proposition, comme la verge d'Aaron1. Mais c'est bien à sa conception immaculée qu'il songe quand il dil dans la première homélie sur la naissance <lc Marie : « La nature cède à la grâce el se tienl tremblante el irrésolue devant
elle. Comme la mère de Dieu, la vierge Marie, devail naître d'Anne, la nature n'osa pas prendre Les devants sur la
poussée delà grâce; alors elle resta inféconde, jusqu'à ce que la grâce eût produit son fruit... 0 heureux lombes de Joachim, qui avez émis le plus pur des germes! 0 admira 1 île sein d'Anne, où grandit et fut formé un si saint fruit3 ! » De ce dernier passage on a eu quelque raison de conclure, que rhomélie en question intitulée maintenant « in Natalem B. M. V. » fut prêchée le jour de la fête de la Conception et avait primitivement pour titre « in conceptionem B. M. V. », et c'est là une preuve que déjà au ve siècle cette fête était célébrée dans l'Eglise grecque. Le Typicon de saint Sabas (f 531) place au 9 décembre la fête de la Conception de sainte Anne, mère de la mère de Dieu (V, artiste tHç àytâg vAwi?ç, ur-ob: ôeorôxou). Au vu0 siècle, André de Crète nous apporte un témoignage en faveur de cette même fête ; il dit dans sa première ode:! : « Ta Conception, sainte Anne, nous la célébrons aujourd'hui, parce que ton sein maternel libéré des liens de l'infécondité a conçu celle qui doit recevoir celui que rien ne peut contenir ». Le ixe siècle nous a laissé sur la fête de l'immaculée conception trois discours de Georges de Nicomédie, un contemporain de Photius 4. Ces discours
i. Bom. 1 in Dorm. c. 8 (II, 863 sq. .
2. Jo. Damasc. Hom. I in Nat. B. M. V. c. 2 (II, 842) : 'H ykp fteiq ?,ttvtcu
zç ys.oizi, /.y.'. 'ï-7-ryij ÙTtdTpOfJLOij "RpofiocivZlV flï, '^îC^JTy. Kûît oZv ïfJ.ÙJ.S'J r, Oirj~6/.0t
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:;. indreae Cret. Canon in B. Annae concept, ode I Migne KCVII, 1303).
4. Gombéfis les attribut' m un certain Grégoire de Pise (vu* siècle). Ils sont conservés dans la Bibl. Max. XII, 692 el suiv. Grégoire célèbre aussi la saint*' Vierge, comme élevée au-dessus ^- toutes les créatures, parce qu'elle est reine du ciel. Orat. II, 2 (p. 698). Nec ullam vero oblati
prouvent que la Conception de Marie était l'objet d'une solennité communément célébrée dans l'Eglise et qu'elle était fêtée en tant qu'immaculée.
§71 Doctrine de saint Augustin sur la grâce et le mérite
La doctrine de la grâce est le corollaire de la doctrine du péché originel. L'un nous révèle les blessures et les pertes subies par la nature humaine à la suite du premier péché ; l'autre nous montre comment tout est guéri par Dieu et comment l'homme est de nouveau rendu capable d'atteindre sa fin. Pelage confondit d'abord presque complètement l'idée de la grâce avec celle des dons naturels. Ce n'est que peu à peu, au cours de la lutte, qu'il dut céder et en arriver à reconnaître au moins une certaine grâce.
1. Une de celles que reconnut Pelage fut la grâce du pardon des péchés. Mais l'hérésiarque en restreignit le sens à une rémi-ssion extérieure des fautes. Saint Augustin devait donc fixer la notion de la grâce sanctifiante, qui n'est pas seulement un effacement externe de l'imputation des péchés passés, mais de plus l'effusion d'une vie nouvelle, qui est une transformation, une rénovation de l'homme par l'infusion de la charité habituelle envers Dieu d. Là où il ne s'applique pas précisément à combattre les Pélagiens, il la considère, ainsi que les autres Pères grecs, comme une divinisation communiquée à notre nature par
muneris excellentiae mentionem volo : nullam enim admittit comparationem ! quod unum universis creaiis Deo carius est. C'est ainsi qu'il parle du sacrifice que sa fille Anne fit au temple, par la présentation de Marie.
1. Aug. Op. imp. c. Jul. II, 16o:Nonper solam peccatorum dimissionem justifîcatio ista conlertur, nisi auctoribus vobis. Justiûcat quippe impium Deus, non solum dimittendo quae mala l'acit, seti etiam donandocaritatem, ut declinet a malo et laciat bonum per Spiritum sanctum, cujus subrainistrationem jugem poscebat Apostolus ois, quibus dicebat (2 Cor. 13, 7) : Oramus autemad Deuin, ne quid faeiatis mali. Cf. De gr. Chr. c. .21.
le Saint-Esprit1, ou comme une mblance avec le
Christ*, môme comme une certaine transformation en
Dieu :. Partout il dépeinl cet état comme une élévation audessus d<' nos forces naturelles et delà perfection accordée
à L'homme par la création. Ouoiqu'elle ne soit qu'un bi< :ini el créé, elle uousrend participants de l'Esprit-Saint, qui
nous pénètre autant que Le permet noire nature, qui nous unit à lui de la. manière la plus intime et c'est lui-même que nous recevons, comme un présent. « Les interprètes de la sainte Ecriture en témoignent hautement, le Saint-Esprit est un présent, un don de Dieu, pour que nous sachions bien que Dieu ne nous fait pas de don moindre que luimême* ». Oui, nous participons à la substance de la sainte onction, à l'essence de l'Esprit-Sainl \ Cette grâce n'est pas seulement quelque chose d'actuel, elle donne de plus à l'âme l'union habituelle avec le corp^ mystique de Jésus-Christ, et cela même aux enfants, dès la réception du baptême G. Elle est le principe propre de toutes les œuvres véritablement bonne>. c'est-à-dire méritoires pour le ciel7. Par contre toute la doctrine biblique proteste quand les Pélagier> entendent par grâces les facultés naturelles de l'homme pour le bien ou simplement la grâce extérieure communiquée par la connaissance de la révélation. — Les facultés naturelles.de l'homme, la liberté en particulier, peuvent
L De sermone Dei sec. Mat th. !, 33, 78. G. Faust. 111,3 : Iste itaque modus, quo dos heu-, cum îam essemus ab ipso non nati, sed conditi et institut!, vertio sue et gratia sua genuit ut lilii ejus essemus, adoptio vocatur.