Ep
6. De nat. et gr. 65, 7s : Liber! arbitrii nos condidit Dous, nec ad virtutem Dec ad vitia necessitate trahimur, [alioquin, ubi nécessitas, nec corona est.
limitaient ainsi le caractère méritoire de l'acte moralement bon. Si tous n'en arrivaient pas à cette conclusion, ils regardaient cependant la grâce comme un bien, qu'il fallait conquérir sur le chemin du mérite. Saint Augustin ne niait pas le caractère méritoire de l'acte moralement bon ; il reconnaissait même aux anciens Romains une récompense temporelle pour leur moralité naturelle1. Mais l'ordre de la grâce était pour lui spécifiquement différent de celui de la nature, et un acte moral du second ordre ne peut créer un mérite pour le premier. Il laut pour cela être introduit d'abord par Dieu dans cet ordre surnaturel de communion de vie et d'amour avec la Divinité; il nous faut doubler nos forces, les élever, en acquérir même de nouvelles, des forces surnaturelles, qui nous permettent de mériter les biens surnaturels. Le mérite n'existe donc pour saint Augustin, que si la grâce est à la base, ou bien il n'y a d'oeuvre méritoire que celle qui découle de la foi, et dès lors de la grâce2; la première grâce ne peut jamais être méritée. Il ne distingue cependant pas très bien ce 'que nous pouvons mériter au sens strict du mot <( de condigno » de ce que nous ne pouvons mériter qu'improprement, « de congruo » , suivant l'expression admise plus tard par l'Ecole. Mais il enseigne généralement que l'augmentation de la grâce sanctifiante 3, ainsi que la gloire céleste et son élévation sont des objets de notre mérite. « Ce degré inférieur de justice (sur terre), dit-il4, produit le mérite, tandis que le degré plus élevé de justice dans l'autre vie est notre récompense ». Le degré de gloire céleste se mesure au degré de nos mérites ici-bas comme le degré des peines de l'enfer5 sera proportionné à nos démérites. Saint Augustin est moins catégorique sur notre mérite, du pardon des péchés, de la grâce de la persévérance et des autres grâces « de congruo* », bien qu'on puisse dire