‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 154 sur 480 · Op. imp. c, Jul. I · texte numérisé non relu

Op. imp. c, Jul. I

rai on retrouve un reflet de sa magnificence l. Il disait en- • re que Dieu, en permettant le mal, montrait sa puissance et sa majesté, puisqu'il pouvail avoir raison de ce qui lui est le plus opposé, puisque même il peut le faire servir à sa gloire- et en tirer un stimulant pour la vertu3. Dieu laisse toujours percevoir dans les méchants l'ordre naturel du bien4. En prédestinant ses élus d'une manière si imméritée, Dieu révèle en une lumière d'autant plus éclatante sa miséricorde et sa grâce, il les oblige à une reconnaissance d'autant plus grande et leur fait apprécier davantage la part d'héritage qui leur est échue3. Ailleurs, comme nous l'avons vu plus haut, il invoque la prévision divine du futur conditionnel, pour expliquer, au moins chez quelques-uns, la privation de grâces extraordinaires ou spéciales, telles que la grâce de la persévérance. Dieu les leur refuse, parce qu'il prévoit qu'ils ne s'en serviraient point.

La réprobation n'implique jamais une prédestination aux moyens qui préparent et opèrent la damnation éternelle c'est-à-dire une prédestination aux péchés. C'est en quoi se distingue la réprobation de la prédestination. En ce sens, il ne saurait exister une double prédestination (gemina praedestinatio), comme le prétendirent dans la suite les Prédestinations, Dieu ne prédestine pas de la même façon à la damnation et aux moyens de la damnation, qui sont les péchés, comme il prédestine à la vie éternelle et aux moyens de l'obtenir, c'est-à-dire aux mérites. Saint Augustin a employé sans doute, parfois le mot praedestinare pour indiquer la prédestination à la peine éternelle0, mais il ne

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