Voir plus haut § 65. Cf. Aug. Haer. 86. De virg. c
Jérôme eut à défendre cette vérité contre Jovinien J, et saint Augustin y revint souvent dans ses écrits antipélagiens ainsi que dans le traité « De l'état de Dieu ». « Il n'y a pas à douter que ces degrés n'existent, dit-il 2, mais ce royaume heureux a cela de bon, que l'inférieur ne jalousera
pas le supérieur Personne ne souhaitera ce qu'il n'aura
pas reçu et conservera à jamais la plus vive affection pour ce qu'il aura reçu ».
III. L'arrêt irrévocable que portera le juge sur les méchants, sera la condamnation éternelle à l'enfer. L'homme sensuel, qui voudrait bien que ses péchés fussent impunis, pense pouvoir établir une répugnance entre un châtiment si sévère et la bonté de Dieu. Saint Basile eut déjà l'occasion de réfuter au moyen de la sainte Ecriture une telle opinion. Les défenseurs de celle-ci cherchent bien à s'appuyer sur un texte de saint Luc (12, 47). Si on y menace de coups nombreux le serviteur désobéissant, ce n'est pas à dire que les peines de l'enfer auront une fin, mais seulement qu'elles seront diverses et graduées. L'enfer ne peut pas plus finir que le ciel. Les tourments de l'enfer consistent dans un feu éternel, qui, d'après saint Basile, servira à rendre glorieux les corps des bons au ciel, et à punir éternellement les corps des damnés dans l'enfer. Ceux-ci porteront en outre, dans leur corps pour leur éternelle honte, les marques de leurs péchés passés. Mais la plus dure punition de l'enfer sera dans la privation de la félicité céleste et Téloignement de Dieu :J.
Grégoire de Nazianze témoigne aussi de sa foi en l'éternité des peines de l'enfer, quand il dit dans un discours, que nous avons déjà mentionné 4 : «. Pour ceux qui sont dans l'enfer, il n'y aura plus ni confession, ni conversion. La vie et les actes doivent être accomplis ici-bas, là-haut il