De civ. Dei XXII
2. Symeonis Met. ex opp. Basil. Sermo 14: De fut. jud. u. 2, 3 (éd. Maur. IV, 551 sq.).
3. Orat. 16, 7. — 4. Orat. catech. c. 40 {Migne XLV, 104 sq.).
n'y aura que la récompensé de ces actes, ainsi Dieu Ta décidé ».
Grégoire de Nysse trouve aussi dans la sainte Ecriture la preuve du dogme de F éternité des peines de l'enfer. « Quand on vous parle du feu, dit-il à la lin de son discours catéchistique *, il faut ajouter quelque chose qui manque au concept du feu ordinaire. Tandis que celui-ci peut s'éteindre de multiples façons, celui-là est inextinguible (to fx«> yàp où it6swvt*é).... Quand, en outre, on vous parle d'un ver. il ne faut pas que votre pensée s'arrête à l'animal qui, dans la nature, porte le même nom : le ver, dont il est ici question, ne meurt pas (y, yàp KpoeQ-wy roO à—Xsûr/jrov) et nous sommes alors amenés à songer à une nature animale autre que celle que nous connaissons ». Il termine le discours en rappelant l'éternité de la récompense («t&ma dévTsSoo-tç).
Dans son discours « sur la pénitence », il s'adresse à ceux qui ne craignent point les punitions de l'Eglise, le refus d'absolution et l'excommunication et que la mort surprend dans cet état. Une telle âme « portera dans l'éternité une douleur sans fin et inextinguible2». Il prévient les usuriers, que leurs injustices leur mériteront un éternel châtiment.
Çà et là cependant, Grégoire de Nysse sacrifia aux opinions philosophiques d'Origène. S'écartant de la tradition de l'Eglise, il exprime parfois le sentiment que les démons peuvent bien n'avoir été frappés que de châtiments temporels, qu'ils pourraient encore avoir l'espoir de conquérir la félicité infinie par leur purification temporaire. NDus avons déjà cité un passage de ce genre3, où saint Grégoire dit que finalement toutes les créatures s'accorderont à remercier le Sauveur, aussi bien celles qui auront trouvé leur peine dans la purification que celles qui n'ont jamais eu besoin de purification. Le Sauveur doit avoir
1. Greg. Nyss. Orat. de castig. (éd. Migne XLVI, 312) : Tôv «Xvixrov oêuppàv xai ôcnocpccfiiûdvtTOit -.îç, xl&ve&i âxTc'vouwt.
2. Orat. c Usurarios (éd. Migne XLVI, 136) : kltaviau iûmn yfaaôt npdfaot. Cf. p. 52 : Euvayecywv Se yù^povofutect ïoanSi fièv vit» xioiviw xoakgiv,
pourvu à tout (( à la délivrance de l'homme et à celle de l'auteur du mal lui-même (aùrôv tôv ttjç xaxtàç efyérî?v twpvoç) 1 ». On a de nouveau cherché, en ces derniers temps, à faire accorder ce passage avec l'enseignement traditionnel et on l'a interprété ainsi : par l'auteur du péché, qui est aussi appelé l'ennemi (iyfipôç), le trompeur (à7raTswv), l'adversaire (àvTocst'^evoç), saint Grégoire a voulu entendre le corps humain avec la concupiscence déréglée. Mais tout le contexte et le chapitre entier s'opposent à cette interprétation. En vérité, la manière dont saint Grégoire expose la victoire du Christ sur le démon a quelque chose d'inconvenant. L'Homme-Dieu trompe le démon par l'apparence chétive de son corps humain, qui cache sa divinité, tout comme le démon avait excité les basses convoitises d'Adam par des sollicitations mensongères et avait ainsi obtenu sa victoire et sa domination sur le premier homme. Ainsi le Christ se soumit par sa forme humaine à la mort et dès lors à l'empire du démon3, mais il lui échappa par sa divinité. Grégoire de Nazianze blâme cette explication, surtout si elle veut établir l'existence d'un sacrifice pour le démon 4. D'autres Pères se sont servis de la même figure mais tout ce qu'ils ont voulu dire c'est que le démon, par l'injustice qu'il a causée à l'Homme-Dieu, a perdu tout le pouvoir que Dieu lui avait laissé prendre sur le genre humain. Les paroles de Grégoire n'autorisent pas l'interprétation qu'on a voulu leur donner, pour rétablir l'accord avec l'enseignement de la Tradition. On peut bien admettre que l'Homme-Dieu a exercé, avec sa nature humaine, la domination sur l'ennemi, mais non la domination sur la nature humaine sensible. A la fin du chapitre, il est question, à côté du salut de