DU MAGISTÈRE DE L'ÉGLISE ET DES SOURCES DE LA FOI
Doctrine des Pérès sur les sources de la révélation, la sainte Ecriture et la tradition orale
L'Histoire des Dogmes n'a pas, comme la dogmatique, mission d'introduire dans l'édifice achevé de la foi et de la science de la foi ; elle vise plutôt à décrire la construction initiale de l'édifice, ses développements progressifs, ses travaux de consolidation et d'embellissement. Qu'on ne s'étonne donc pas de ne voir rattacher que dans cette quatrième partie à l'exposé du magistère de FEglise les doctrines fondamentales de la dogmatique sur les sources de la foi. L'histoire nous met en main ce point de rattachement. Aussi bien les questions relatives à ces divers points méritent-elles d'être traitées dans un chapitre spécial. Elles se rattachent, en effet, par des liens indissolubles à l'origine divine du Christianisme, à son caractère divin, à la conservation pure et inaltérable de cette religion, à son acceptation par les hommes en vertu d'une foi divine et aussi aux questions capitales du Christianisme.
Quelques hérétiques comme les Gnostiques admettaient expressément et principalement la sainte Ecriture comme l'unique source de la foi; ils se prononçaient contre la tradition et le magistère infaillible de l'Eglise et brisaient ainsi le fil d'une transmission non interrompue et le lien d'unité de la religion chrétienne ; par là ils compromettaient au moins indirectement l'origine divine de l'Eglise et même du Christianisme en général. Dans l'Eglise, n'a jamais cessé de vivre la conviction que ce qui fait croire à son universa-
lité, c'est la révélation divine et que l'Eglise est parfaitement fidèle à ce qu'elle a reçu du Christ par la sainte Ecriture et la tradition en tant que révélation divine. Pour l'Eglise, la sainte Ecriture et la tradition apostolique sont les deux sources de vérités révélées qui se complètent l'une l'autre, de telle façon cependant qu'elles n'ont ni ne gardent d'autorité propre sans le magistère infaillible de l'Eglise et qu'elles ne pourraient suffire à fonder la foi véritable et complète chez les individus ni à maintenir dans sa pureté, la vérité divine, ni à unir tous les hommes dans la foi chrétienne.
1. Saint Cyrille de Jérusalem, dans ses catéchèses, tire la plupart de ses preuves des diverses vérités de la foi des écrits canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament ; mais ces écrits ne sont à ses yeux ni l'unique source, ni même pour tous les hommes, et encore moins pour les simples, la source suffisante1 d'où ils puissent tirer le contenu intégral de leur foi. Il étudie la doctrine de la foi d'après le symbole des Apôtres, où l'Eglise a recueilli et résumé en quelques articles les éléments les plus importants de la foi et de la révélation2. Ce symbole de la foi est aux yeux de Cyrille non l'expression variable d'un sentiment variable de quelque communauté chrétienne, mais quelque chose d'immuable et comme le symbole de l'Eglise infaillible. Il avertit les catéchumènes, de s'y attacher inébranlablement et de n'embrasser aucune autre foi, quand même il oserait lui-même changer et leur prêcher une autre foi. Sans doute, il remarque que les articles du symbole contiennent les
1. Saint Athanase s'exprime une fois, il est vrai, de façon à faire entendre qu'on peut fonder et trouver la foi en la divinité du Seigneur dans la seule Ecriture sainte. Mais il ne la présente pas comme l'unique source où l'on puissepuiser la foi en général, et quand il la déclarait suffisante pour éclaircir la vérité, c'est qu'il la plaçait à côté des écrits des Pères qui sont très utiles pour éclaircir nos saints livres. Il dit en effet dans son Or. cont. gentes : Aùraexeeç p.kv yv.p efoiv v.l uyivi xoù deo'Trvsuvroi Vpy.yv.i 7roès t/;v ty,î àlrficic/.z, ÎTCOC/ysXt'cw etVt Se xty.l no)j.o\ T<Sv p.u./.v.pïo)v viy.ôyj OiQa.fjx.Oa.WJ zi$ raûra cuvrap^ôVre^ \oyor oi^ sav rtç èvTÙy^t, ec'asrccc p.h îtw? Trtv tûv yaoto&v ipp.rkveiuv.