Neander Dogmertgesch. I
autoriser le droit d'une interprétation subjective des livres saints sur un passage de saint Jean Chrysostome* où il montre un païen qui, voulant devenir chrétien, jette les yeux sur les diverses sectes et prétend ne pas savoir à laquelle il doit s'attacher et quelle explication des Ecritures il doit tenir pour la bonne. Ici saint Chrysostome renvoie bien cet homme à la droite raison, il lui indique ensuite une règle que doit suivre la droite raison, par opposition aux opinions présentées et aux vues humaines : « C'est là, réponds-tu, ce que les hérétiques disent de nous. Mais comment? Sommesnous sortis de l'Eglise? avons-nous donc tiré notre nom des hérésiarques ou d'un homme? Avons-nous un guide comme Marcion, Manichée, Arius ou quelque autre hérésiarque pour chef? Nous n'avons aucun maître terrestre, nous n'en n'avons qu'un et c'est celui du ciel 3. La catholicité de l'Eglise et ses rapports avec Dieu tels qu'elle nous les présente sont aussi cités par saint Chrysostome comme des motifs pour lesquels le païen qui écoute la voix de sa conscience et de la saine raison doit s'attacher non à une société hérétique mais à l'Eglise.
3. Par rapport à la tradition, la nécessité d'une autorité infaillible qui l'interprète est aussi évidente. Vincent deLérins le déclare très nettement par le critérium qu'il assigne, nous l'avons vu plus haut, à la tradition catholique; car l'Eglise seule peut être la dépositaire et la gardienne d'une tradition qui ait été reçue toujours et partout3. LesPères comme Grégoire de Nazianze, Vincent de Lérins et saint Augustin surtout admettent expressément un progrès dans le développement des doctrines de foi divine. Le second de ces Pères compare ce progrès à la croissance de l'être vivant autour de nous, du corps humain ou du grain jeté en terre qui malgré son épanouissement ne perd pas son identité et il demande : « N'y a-t-il donc aucun progrès dans l'Eglise du Christ? Certainement et même un progrès important... qui