Ambr. De sacr. V
timent de crainte ' ? Cependant les impurs et les indignes doivent demeurer loin de l'autel, jusqu'à ce qu'ils se soient améliorés et purifiés 3.
Parmi les plus remarquables témoignages en faveur de l'Eucharistie, il faut citer celui de saint Chrysostome. Il a traité à fond cette doctrine. Il explique le discours de Notre-Seigneur au chapitre VIe de saint Jean, aussi bien par la doctrine de l'Evangile du pain spirituel dont tous jouissent dans la foi, que par la doctrine de la nourriture eucharistique. Gomme les disciples, au moment où le mystère de l'amour leur était seulement annoncé, le corps du Seigneur n'étant pas encore ressuscité d'entre les morts, ne pouvaient pas comprendre complètement ce dernier sens des paroles du Sauveur, le Sauveur leur demande cependant une foi humble et entière à sa promesse ; ses miracles en effet avaient déjà bien montré qu'il était le Fils de Dieu. C'est alors que l'Eucharistie apparaît d'une manière frappante comme le foyer de la plus intime communauté d'amour et de vie entre le Christ et les fidèles. « Le Christ voulait nous élever à un amour plus grand, et nous montrer le désir qui le poussait vers nous, alors il s'est donné à ceux qui aspirent à lui, il s'est donné non seulement à voir, mais à toucher, il s'est donné pour être mangé, brisé avec les dents, il s'est donné, en un mot, en nourriture et a ainsi satisfait tous nos désirs3». Ici saint Chrysostome, si on le prend à la lettre, va dans ses expressions au delà de la doctrine de l'Eglise ; car la doctrine de l'Eglise ne permet pas de dire directement du corps du Seigneur tout ce qui peut se dire des accidents ou espèces eucharistiques, comme d'être broyé avec des dents. Les accidents du pain et du vin, quoique leur substance soit changée au corps et au sang du Seigneur, n'ont pas perdu leur réalité ; leur rapport à la substance du