‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 396 sur 480 · Ambr. In Joan. hom · texte numérisé non relu

Ambr. In Joan. hom

2. De prod. Judae hom. I, 6 (éd. Montfaucon, II, 384) : Uoip-zTriv 6 Xpiarài

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son. Le corps vivant et glorifié du Christ absorbe la substance du pain et montre par là sa vertu glorificatrice.

C'est encore à tort qu'on invoque souvent l'union hypostatique comme l'image la plus frappante du mystère eucharistique. Sans doute il est vrai que la nature humaine, l'âme et le corps du Fils de Dieu, n'est dans l'Incarnation ni annihilée, ni absorbée, ni changée en une autre substance, car c'est précisément l'homme qui ici doit être sanctifié ; mais les éléments sensibles du pain et du vin qui n'ont pas dans l'Eucharistie leur substantialité matérielle, comment peut-on les comparer à la nature humaine? La nature humaine du Sauveur, spécialement sa nature corporelle, est humaine, même abstraction faite de la personne divine du Logos qui la supporte, elle est humaine, car elle reçoit en elle et transforme les éléments sensibles. Les Pères comparent bien l'Eucharistie à l'Incarnation, mais dans un sens tel que l'Eucharistie est toujours regardée pour ainsi dire comme une extension de l'Incarnation parmi les fidèles, mais non comme un renouvellement formel de l'Incarnation. C'est en ce sens que saint Chrysostome aussi explique la communion : « Si tes mains étaient salies, dit-il, tu n'oserais pas toucher le vêtement d'un roi de la terre. Ne regardez pas l'Eucharistie comme du pain et du vin; car elle ne suit pas la voie de la nourriture ordinaire; mais de même que quand tu mets de la cire au feu, rien ne se perd et rien ne reste ; de même les saints mystères s'unissent avec notre corps. Quand vous en approchez, ne croyez pas que vous allez recevoir le corps du Sauveur de la main d'un homme; mais comme Isaïe qui, de la main du séraphin, reçut le charbon ardent avec une pince d'or, faites comme si approchant vos lèvres du côté divin et immaculé du Sauveur, vous vouliez boire sonprécieuxsangMlfaut remarquer que saint Chrysostome

1. Âmbr. De poen. hom. 9 : M/j ort xpros èvriv fiînjs, jj.r,8' on oho'q sort vofxiaw oi) yàp w; ai ï.omai ppùceiç eiç àfeSp&vu. ytoptï • airays, jlky) roùro vdei • àlÀ' Stanep xyjpoç irvpi 7rpo<70fxÙYi<jO(.ç oiiSèv àTTOvaiâÇet ovoèv irepicrffsùet, outco? y.a.1 o>Se volliZc vijvavaXiGxeo-dai toc fivoTvjpta rfi rou acopLaTO^ ouata. • cho y.ai 7ipof7spxdp.svoi, [xo &>s c£ ocvOpojTTov vo/xiarire p.eTaïap.fiâveiv rov Ôst'ov cTOjy.aTOç, àlX eoç è£ avrûv rdv Sspap^u

nous fait approcher plus près du corps du Christ, que si nous touchions simplement ses vêtements. Quand nous prenons les espèces eucharistiques nous devons nous considérer, comme si nous étions au côté du Sauveur pour boire son sang. Le pain et le vin ne sont plus, ils ont été changés au corps du Christ. Saint Chrysostome parle même comme si les espèces ne restaient pas et refuse entièrement à l'Eucharistie les qualités d'une nourriture ordinaire, sans tenir pour nécessaire de remarquer si et jusqu'à quel point les espèces persistantes font exception. C'est en effet seulement du corps du Christ présent sous les espèces que l'on peut affirmer qu'il ne suit pas la voie de la nourriture ordinaire, parce que au moment où nous le recevons il s'unit à nous de l'union sacramentelle qui nous sanctifie. En tout cas il est bien évident que le saint docteur ne tient aucun compte des espèces sensibles du pain et du vin1. Ainsi il peut absolument comparer la nourriture eucharistique à un charbon ardent par lequel notre âme est sanctifiée.

Pareillement à propos de la sainte communion et de l'idée qu'il s'en fait, saint Chrysostome dit en expliquant le passage de saint Paul (I Corinth. 10, 16) : « Le pain que nous rompons n'est-ce pas la communication intime du corps du Christ? Pourquoi ne dit-il pas participation (pexoytf) ? Parce qu'il veut caractériser quelque chose de plus élevé et une union plus étroite. Caria communication intime suppose non seulement une participation et une réception, mais une union.

rf, Jc/.îiSi rov itupèq x. t. /. — L'exposition de Rûckert (Das Abendmahl,p. 428), sur la comparaison du corps eucharistique du Sauveur avec la cire, est d'autant plus injustifiée que saint Chrysostome ne la fait qu'à un seul point de vue. Dans le passage qui suit immédiatement et que Rûckert ne cite pas, saint Chrysostome justifie lui-même sa comparaison de la nourriture eucharistique à un charbon ardent. Cette désignation de « charbon » revient plus tard très souvent dans Jean Damascône. De orth. fide IV. 13 (éd. Lequien I. 271), et dans les Liturgies orientales.

1. Avec saint Chrysostome, s'accordent encore sur ce point saint Cyrille de Jérusalem (Cat. 23, 15) et saint Damascéne (De orth. IV, 13, p. fid. 272) :

Sd»//à iart y.r/.l cf.lp.oc Xpivroû et; tnimtffiv rfii r,p.ttipu.% '-^v/jA xe xv.i aû[xy.roç, xtopovv, cù da7ravcjyu£v&v, où fôttpdfUVOVj ci,/, et'; à'^eopcZvu ^upoûv (///; yé»oiTo)èùX et'; rrp ypiûv àuat'cxv xv.i 9WTYJpv)9tV x. t. )\.

Gomme en effet le corps est uni au Christ, ainsi par ce pain nous serons unis à lui. Mais pourquoi ajoute-t-il « que nous rompons »? Ceci nous le voyons bien s'accomplir dans l'Eucharistie, mais non sur la croix, bien plus sur la croix c'est le contraire qui a lieu : aucun de ses os ne doit être rompu. Seulement ce qu'il n'a pas souffert sur la croix il le souffre pour toi dans le saint Sacrifice; il y souffre d'être brisé afin de pouvoir tout remplir. C'est ainsi qu'il est dit : communauté de corps. Mais ce qui s'unit dans une union intime est différent de ce avec quoi il s'unit, ici cette différence, quelque légère qu'elle soit, disparaît. Car l'Apôtre, après avoir parlé de cette communauté d'amour, ajoute: «Nous sommes plusieurs, mais il n'y a qu'un pain et qu'un corps, que dis-je, reprend l'Apôtre, je parle de communauté }. Mais nous sommes nous ce corps même. Car qu'est-ce que le pain? Le corps du Christ. Mais que deviennent ceux qui le reçoivent? Le corps du Christ, non plusieurs corps, mais un seul corps. Car de même que le pain, quoique formé de plusieurs grains de froment, est tellement un que les grains qui l'ont formé ne comptent plus par eux-mêmes quoiqu'ils soient en effet dans le pain ils ne diffèrent plus à cause de leur union, c'est ainsi que nous sommes tous unis ensemble dans le Christ2. Il y a donc ici : 1° une union essentielle entre nous et le Christ ; cette union, le saint docteur nous la donne comme l'effet de la sainte communion; elle fait de nous tous un seul corps, parce que nous devenons tous membres du corps du Christ que nous recevons; 2° identité essentielle du corps eucharistique avec celui que le Sauveur avait sur la terre et qu'il a livré à la mort ; 3° sacrifice du corps dans la sainte Eucharistie, ce corps est rompu, mais de façon que tous ceux qui n'en reçoivent qu'un seul fragment participent à tout le Christ. Le saint docteur suppose ici l'identité essentielle du corps eucharistique avec le corps céleste glorifié; il faut

1. Ici, comme dans saint Hilaire, l'union du Christ dans la sainte Eucharistie est représentée comme une reproduction de l'union hypostatique, comme une union naturelle ou essentielle.

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