Cf. can. 15. — 6. Gan
l'ordre dans les temps patristiques 643
dent aux diacres d'offrir le sacrifice, et le concile leur en dénie, ajuste raison, le pouvoir.
Les adversaires font valoir vivement contre nous un récit de Théodoret1. Il y est dit que saint Frumence, originaire de Tyr, aurait prêché l'Evangile en Abyssinie, étant encore laïque, et, arrivé à de hautes dignités, il aurait permis aux étrangers qui venaient là pour les affaires de leur commerce de « tenir des réunions à la manière de Rome et de célébrer la liturgie (xaî rà; Befaç hnrùsjv Istro'jpytoiç). » Mais il est bien douteux que par liturgie, il faille entendre ici l'action d'offrir le saint Sacrifice ; cela demeure en tout cas invraisemblable, si nous faisons attention aux expressions des historiens auxquels Théodoret a emprunté sa relation ; car ceux-là, Rufin2 aussi bien que Socrate3 et Sozomène4, parlent seulement d'une permission de se réunir pour la prière. D'ailleurs il faut se demander si Théodoret n'a pas supposé qu'il y avait quelque prêtre parmi les étrangers venus là.
Dans tous les écrits des temps anténicéens, il est question d'évêques, de prêtres et de diacres, et si on ne fait pas toujours ressortir le pouvoir d'offrir l'Eucharistie comme un pouvoir qui leur appartient exclusivement, la raison en est que l'on supposait ces privilèges comme connus partout et hors de contestation. D'ailleurs, il est souvent question de ces trois degrés de la hiérarchie, dans les lettres de saint Cyprien.
Pour ce qui est des temps post-nicéens, nous avons déjà dit comment saint Athanase repoussa les accusations des Ariens au sujet d'Ischyras, en disant qu'il était impossible qu'il eût commis le crime de détruire un calice (lui appartenant), vu qu'il n'était pas prêtre. Si les Ariens avaient pu apporter des preuves que dès l'antiquité, même les laïques, pouvaient consacrer, ils en auraient certainement allégué. Encore moins peut-on trouver, dans les temps suivants,