‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 462 sur 480 · ïbid. c · texte numérisé non relu

ïbid. c

tout cela il résulte que quoique la concupiscence charnelle doive être considérée comme un mal, le mariage est un bien à cause de la procréation des enfants. Et môme le désir désordonné n'a dans son idée rien de commun avec le mariage, tel que Dieu l'a voulu dans l'état du paradis terrestre et tel qu'il l'a réalisé dans l'union du Christ et de son Eglise1. Dieu lui-même n'a au commencement créé qu'un père commun de tous les hommes, parce qu'il voulait que tous formassent une seule espèce avec lui et que tous descendissent de lui, pour symboliser et figurer cette union de l'espèce dans le Christ. D'abord il forma d'une côte d'Adam la femme elle-même, parce que comme dit la sainte Ecriture (Gen. 11, 18), il n'était pas bon devant Dieu que l'homme fut seul sans avoir d'auxiliaire. Augustin pense qu'il ne faut penser ici au service de la femme que par rapport à la conservation et à la production du genre humain qui devait dans la volonté de Dieu persister sans l'intervention du péché et de la mort2. La différence de sexes eût donc été nécessaire pour la multiplication du genre humain même dans l'état du paradis terrestre, mais la coopération des deux sexes n'aurait pas été accompagnée d'un violent désir qui s'élève contre la raison et la libre volonté; elle se serait produite sur l'ordre ou d'après les conseils de la volonté de Dieu dans la plus parfaite dépendance de la raison et de la liberté de l'homme puisque la grâce de Dieu aurait surmonté ce désir naturel à la chair3. Le mariage en soi et la propagation de l'espèce humaine qu'il assure, ne méritent donc en aucune manière d'être vilipendés parles Manichéens4.

1. De Gen. ad lilt. IX, 2, 3 sqq. La pensée indiquée ça et là d'un perfectionnement essentiel de l'âme humaine dans le mariage n'a pas plus de point d'attache dans la patristique que dans la sainte Ecriture, si on excepte les erreurs de Tertullien que nous aurons a mentionner bientôt ; pour lui, comme on sait, l'Ame humaine est quelque chose de générique.

Page 1