‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 463 sur 480 · Ibid. IX, 9, 14. — 3. Ibid. IX · texte numérisé non relu

Ibid. IX, 9, 14. — 3. Ibid. IX

4. Ibid. IX, 10, 18 : Quae cum ita sint, cur non credamus illos homines ante peccatum ita genitalibus membris ad procreandos filios imperare potuisse sicut ceteris, quae in quolibet opère anima sine ulla molestia

Saint Augustin fait ressortir cependant encore d'autres buts du mariage dans son livre De bono conjugali, afin de repousser les attaques de Jovinien qui accusait l'Eglise de rabaisser le mariage par la supériorité qu'elle attribuait à la virginité. Tout d'abord il a été déclaré plus haut à propos du but principal du mariage que ce but, à savoir la procréation des enfants, non seulement relevait jusqu'à en faire un bien, les penchants charnels, mais les refrénait et les ennoblissait. Ce but de répression d'un instinct sauvage, le mariage doit le poursuivre plus rigoureusement dans l'état de nature déchue, puisque la passion désordonnée doit être contenue par la fidélité conjugale que les deux contractants doivent se promettre mutuellement pour vivre d'une vie commune avec une personne déterminée. Notre Père de l'Eglise nomme ce but bonum fîdei, en vertu duquel Tune des parties devient maîtresse du corps de l'autre (I Cor. VII, 1), si bien qu'aucune tierce personne n'a le droit d'en abuser et que les péchés qui violent ce droit offrent le caractère spécifique de l'adultère. Quoique la première fin du mariage, la procréation des enfants, puisse être obtenue par la polygamie mais non par la polyandrie, le second but que nous avons indiqué exige, pour être réalisé dans le mariage naturel le caractère monogamique, parce que dans la polygamie la fidélité n'existe proprement que du côté de la femme, pas du côté du mari, du moins d'une façon illimitée. Ce but n'est parfaitement atteint que dans le mariage monogamique et en même temps indissoluble tel que le Christianisme le présente dans le sacrement du mariage. Un mariage serait donc valide au point de vue naturel au jugement du saint docteur dans le cas où les deux signataires du

et quasi pruritu voluptatis movet ? Si enim Creator omnipotens ineffabiliterque laudandus, qui et in minimis suis operibus magnus est, apibus donavit, ut sic operentur generationem filiorum, quemadmodum cerae speciem liquoremque mellis ; cur incredibile videatur primis bominibus talia fecisse corporis, ut si non peccassent, et morbum quendam, quo morerentur, continuo non concepissent, eo nutu imperarent membris; quibus foetus exoritur, quo pedibus cum ambulatur, ut neque cum ardore seminaretur neque cura dolore pareretur. Cf. De bonoconjug. 2, 2.

contrat de mariage 1 n'excluraient pas sans doute la procréation des enfants, mais n'y songeraient pas et poursuivraient et auraient en vue le second but, bonum ftdei, le réfrènement de la concupiscence"2. Si les deux fins ne sont pas recherchées, il faut que l'une ou l'autre, le bonum prolis ou le bonum, ftdei soit le but de ce mariage naturel, pour que ce soit un véritable mariage. Avec cet exposé s'accordent parfaitement les autres Pères3 et l'Apôtre indique cette fin du mariage (I Cor. 7, 2).

Quelquefois saint Augustin4 mentionne encore un autre but du mariage, le soutien mutuel des deux sexes au point de vue spirituel et corporel; ce but n'est pas exclusivement attaché au mariage, il peut être atteint par d'autres moyens et s'il était seul en vue, il ne constituerait pas un contrat d'union ni môme un mariage valide. Cependant ce but sert à élever la vie conjugale à la hauteur d'une association

1. Le mariage, en tant qu'institution naturelle, est appelé par Augustin (De bono conjug. 44) pactum conjugale et rien n'empêche du côté du dogme de considérer le signe extérieur du mariage comme contrat d'union.

2. Aug. De bono conjug. 5, 5: Solet etiam quaeri, cum masculus et femina, nec ille maritus, nec illa uxor alterius, sibimet non filiorum, seu propter inoontinontiam solius concubitus causa copulantur, ea fide média, ut nec ille cum altero id faciat, utrum nuptiae sint vocandae. Et potest quidem fortasse non absurde hoc appellari connubium, si usque ad mortem alterius eorum id inter eos placuerit.

3. Cf Alex. Strom. III, 12. Chrysost. In Gen. nom. 21, 4; 59, 3. Joan. Dam. De orth. fide IV, 24.

4. Cette théorie dogmatique permet facilement de résoudre la question morale indiquée plus haut de la légitimité de la consommation du mariage alors qu'on n'a pas en vue la procréation d'enfants. Si en effet le second but du mariage développé plus haut est conforme à l'ordre divin et fait du mariage un acte bon, l'exercice du mariage est permis ad {idem conjiogalem coni un. Saint Augustin veut sans doute, en partant do ce point de vue, regarder comme seule permise la reddition du debitum conjugale sur la demande de l'autre conjoint, mais non son exigence (Cf De bono conjugali (>, (5). Mais ce rigorisme n'est pas fondé. Au contraire, il résulte tout aussi bien de ce qui vient d'être dit que cette action est permise ad concupiscentiam sedamdam, parce que celte fidélité conjugale comprend encore ce but dans l'état de nature déchue. Ilest à peine besoin de remarquer que l'intention que nous venons d'indiquer ne peut être suggérée seulement par la concupiscence.

mutuelle et morale et, considérée à unpoint de vue naturel, à l'ennoblir moralement et à la spiritualiser. Elle est donc signalée, à bon droit, par les Pères pour mettre en toute lumière la bonté du mariage à un point de vue purement naturel *.

Ajoutons à ces divers buts, c'est-à-dire à la procréation des enfants, leur éducation, qui dans l'ordre naturel concerne d'abord les parents, et qui ne peut se faire avec succès qu'en union avec la société humaine et au mieux dans une communauté de vie intime et moralement religieuse des parents dans le mariage et nous voyons de quelle importance et de quelle bonté est le mariage dans la société humaine même au point de vue moral et social. Mais nos conditions morales se sont déjà perverties à ce point que cette dignité et cette bonté du mariage n'a même plus été reconnue. Il fallait une grâce particulière et une intervention divine pour que le mariage fût relevé chez les divers peuples à sa pureté naturelle et plus encore pour qu'il fût représenté dans son idéal surnaturel. C'est ce qu'a fait réellement le Christianisme en élevant le mariage à la dignité d'un sacrement.

Le Christ, notre Seigneur, avait en quelques paroles que l'Evangile nous a conservées sur le mariage marqué absolument son indissolubilité, et, en recommandant spécialement la virginité à cause de son rapport plus intime avec le royaume de Dieu, il avait donné à la vie conjugale un rapport avec le royaume de Dieu et avec l'amour de Dieu lui-même. Mais sur cette élévation du mariage à la dignité de sacrement les Evangiles ne donnent aucune affirmation expresse. Les paroles de l'Apôtre dans lesquelles il appelle le mariage un grand mystère par rapport au Christ et à l'Eglise sont devenues un germe fécond. Cherchons donc à les comprendre d'après les conceptions de l'Apôtre pour qui l'Ancien Testament, comme Tordre de la nature, sont comme une ombre et une image anticipée de l'ordre surnaturel; il

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