‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 71 sur 480 · Apol. David, c. 11, g · texte numérisé non relu

Apol. David, c. 11, g

les péchés des parents ou dans les nôtres mômes. Notre mère nous a engendrés dans les péchés ; ici encore le psalmiste n'explique pas, si la mère nous a engendrés dans ses péchés ou bien s'il s'agit déjà des péchés de l'engendré. On peut croire qu'il est question des deux. Aucune conception (c'est à dire aucun acte de conception) n'est sans péché puisque les parents ne sont pas exempts de péché. Si l'enfant d'un jour n'est pas sans péché, les jours de la génération maternelle seront encore moins exempts de faute. Nous sommes donc conçus dans le péché de nos parents et nous naissons dans leurs péchés. La naissance elle-même a ses péchés et la nature a plus d'une tache. Le mariage est bon et sacrés sont ses liens, mais ceux qui ont femme, doivent être comme s'ils n'en avaient pas ». Si obscure que soit l'explication de saint Ambroise sur la transmission du péché, si fausse que soit cette dérivation du péché originel d'un certain état de disgrâce dans lequel se trouvent placés les parents par Dieu, les paroles de notre docteur établissent toutefois suffisamment que la génération et la naissance de l'homme sont entachées d'une souillure et que cette génération est le canal même du péché *. Voilà pourquoi saint Ambroise n'a admis qu'un seul homme sans péché, et c'est précisément celui qui n'est pas entré dans la race par la génération charnelle. « Le sein de la Vierge ne fut pas fécondé par un homme, c'est le Saint-Esprit qui déposa dans ses entrailles pures une semence sans tache. Lé Seigneur Jésus est le seul qui soit né sans péché de la femme : il ne reçut pas la souillure de la corruption terrestre grâce à la nouveauté de sa chaste naissance et à la majesté céleste, qui devait repousser toute tache 2. »

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