La concupiscence mauvaise fut une des suites du péché
1. Ambros. De poen. I, 3, 13: Omnes homines sub peccato nascimur, quorum ipse ortus in vitio est. Saint Augustin cite encore (C. Jul. 1, 3, 10) ce passage de saint Ambroise (In Luc. I, 37) : Jordanis conversus estretrorsum : significavit salutaris lavacri futura mysteria, per quae in primordia naturae suae, qui baptizati suntparvuli, a malitia reformantur.
2. In Luc. II, 56. Cf. DearcaNoc (cité par Aug. C. Jul. II, 4).
originel. Les Pélagiens; eux. la considèrent comme un bien. D'après saini Àmbroise, elle dérive du péché et nous y ramène si puissamment, que l'impeccabilité serait encore plus surprenante de la pari de l'homme que son inclination actuelle au péché l. Elle rend impossible à l'homme une vie absolument pure de toute faute ; mais s'il pèche, c'est encore librement, parce que sa liberté n'a pas été perdue même après la chute. Il faut donc entendre au sens moral cette impossibilité d'être sans péché. L'homme a bien absolument le pouvoir, dans chaque cas particulier, de résister au péché, mais vu le cours ordinaire des choses, il n'emploie pas dans ce bul le grand effort qui serait nécessaire. « L'esprit déteste ce que la chair exige ; mais moi, qui suis esprit et chair, qui suis avec l'esprit pour la loi, j'agis cependant conformément aux exigences de la chair, je fais ce que je ne veux pas. Le commandement que j'approuve est bon; bon dans ses choix, c'est vrai, mais la plupart du temps, faible dans la résistance, parce que la concupiscence de la chair s'oppose à lui, le tient prisonnier et l'entraîne vers les séductions de l'erreur2». L'homme reste donc responsable de ses fautes personnelles3, et malheureusement c'est le sort ordinaire de tous les fils d'Adam; ils grandissent, par leurs péchés personnels, leur inclination native au péché et augmentent leur misère morale1. En sorte que l'enfance nous apparaît comme l'innocence même, parce qu'elle est exempte de fautes personnelles.
1. Apol. David altéra cf. 3, § 7 : Agnosco hominem fuisse David, et nihil mi ru m : agnosco commune, ut homo peccet. Nec enim nova infirmitas conditionis humanae, magisque mirum videtur, si homo peccato careat, quam si peccatum aliquod affecte t.
'S. De Jac. et vita beata I, 4, 45: Mens odit, caro concupiscit; ego tamen in utraque, qui legi mente consentio et carne quod noio, hoc ago. Bonum ergo^mandatum, cui consentio ; et mens bona, quae quod bonum estelegit. Bona h(1 judicandum,sed infirma plerumque ad resisteudum, quia répugnât ei corporis appetenlia et captivam eam trahitad erroris illecebras.