‹ Histoire des dogmes (volume 5)Chapitre 138 sur 166 · V. Héfélé, Hist. des Conc. II (2' Ed.) de · texte numérisé non relu

V. Héfélé, Hist. des Conc. II (2' Ed.) de

[Tbam] esse orf?iodoJ7U)7i). he ingement de quelques individualités ne peut cependant être donné pour un décret de concile. Le concile lui-même manifesta son opinion sur le caractère hétérodoxe de cet écrit en exigeant d'Ibas comme de Théodoret un anathème contre Nestorius.

Le concile de Chalcédoine n'avait donc nullement donné une approbation formelle à ces écrits. Et en admettant même que les Pères de Chalcédoine n'eussent pas alors regardé ces écrits comme assez dangereux et hérétiques pour obliger à exiger d'Ibas un anathème sur Nestorius, et qu'ils l'eussent fait seulement à cause de sa conduite passée, leur condamnation ultérieure par un autre concile général n'impliquerait nullement une contradiction entre ces conciles ni une preuve contre l'infaillibilité de l'Eglise. Car il peut bien se faire pour des écrits qu'il devienne évident, seulement après un long usage, que la terminologie employée là mène à des erreurs ; dans ce cas une censure supplémentaire peut devenir nécessaire. C'était bien ici le cas. Il reste néanmoins que l'initiative de l'empereur était irrégulière quand il s'arrogeait le droit de porter des décrets dogmatiques. Ajoutez à cela que la chaire de Pierre était alors occupée par Vigile, un pape faible, que l'impératrice Théodora avait, dans de mauvaises intentions, imposé à l'Eglise romaine, jusqu'à ce qu'il eût été élu librement à la mort de son prédécesseur ; dès ce moment, du moins, il ne seconda plus les vues de l'impératrice, et non seulement il ne favorisa pas le Monophysisme, mais il le combattit. Seulement il montra une grande inconstance dans l'affaire du pape Vigile.

En Orient l'empereur eut bientôt fait d'obtenir l'assentiment et la signature des évêques, mais en Occident l'édit fut pris pour une attaque contre le concile de Chalcédoine et les Trois-Chapitres furent rejetés. Cette décision deTOocident eut de l'influence sur le pape Vigile. L'empereur pressa donc le pape de venir à Constantinople. Celui-ci obtempéra au désir de JusLinien et y arriva en janvier 547. Après avoir à plusieurs reprises exprimé sa désapprobation

sur ce qui s'était passé là, il rompit la communion avec le patriarche de Gonstantinople Menas, parce que celui-ci s'était prononcé tout particulièrement en faveur de l'édit dogmatique. Cependant le pape se laissa influencer peu à peu par l'empereur et les évoques grecs avec lesquels il tint des conférences et dont il se fit remettre les sentiments par écrit; le 11 avril 548, il publia ce qu'on appela le Judicatum dont quelques fragments seulement nous ont été conservés dans la lettre de l'empereur Justinien au cinquième concile et dans le Constituluni * publié plus tard ; mais ils suffisent pour confirmer les renseignements qui nous sont donnés ailleurs sur son contenu. Le pape y rejette donc les Trois-Chapitresetchercheàse défendre du reproche d'affaiblir par là le concile de Chalcédoine.

Ce décret du Pape souleva presque partout des contradicteurs ; on y voyait un acte de compromission avec sel Monophysites ; en Afrique on excommunia même le pape Vigile. Cette opposition fit hésiter le Pape ; il se résolut, après entente avec l'empereur, à retirer le Judicatum et à faire résoudre par un concile universel la question controversée. Ceci eut lieu en 550. Mais même avant que ce concile eût été convoqué, l'empereur, contre sa promesse, publia un nouvel édit dogmatique où le dogme de l'incarnation fut l'objet d'un nouvel exposé et où était justifiée à la fin la condamnation des Trois-Chapitres. Le Pape en fut très mécontent et il le devint d'autant plus qu'on n'écoutait pas ses propositions relativement au concile général et que les évêques grecs furent à peu près seuls à siéger à ce concile dont ils ouvrirent les sessions le 5 mai 533. Après que dans la 1V«, la Ve et la YI^ session, on eut lu les écrits de ïhéodoret, la lettre d'Ibas et les sentences des Pères à leur endroit ; ils prononcèrent dans la YIP un anathème sur les Trois-Chapitres. Dans l'intervalle le pape Vigile avait publié un nouveau décret, le Constitutuni et s'était prononcé contre l'anathème dont les Trois-Chapitres étaient frappés,

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