Enarr. in Ps. 36, § 1. — 2. Àu{i. De agoncChr. c
3. ibid. c. 11. De trin. XHI, l(j, 21. Si quelques Pères ont soutenu vmb Hécessit<^ de l'Incarnation, ils n'otit en Tiie qu'une nécessité moraie qu'Aiignstin cberche ('"^aleaient à dénionti'cr.
4. De trin. XIII, 17, ii: I>isi"it •|uo<i«e homo quam lon^rt' recoss^erit a Dec cl quid illi valoat ad niodicinalom doloroin, quaodo per taleui média* torem redit, (|ui homiiiibus et Dous divinitate subvetiit et iionio infimitate convcnit.
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peine comprendre Dieu avec son esprit ; il nous a donné dans sa vie terrestre le plus éclatant exemple de vertu, alors que par son amour de la pauvreté, l'abnégation de soi, sa modestie, sa patience dans les souffrances et les douleurs, par son mépris de la mort il nous a montré ce que nous devions rechercher et ce que nous devions mépriser'.
Rien de plus varié que les efforts accomplis par les Pères pour rendre intelligible à l'entendement humain l'idée du salut de tous les hommes par la mort du Seigneur. Saint Augustin cherche également à résoudre ce problème et il l'aborde dans son treizième livre « sur la Trinité ». Par son péché et sa chute dans le paradis terrestre, Adam est tombé avec toute sa postérité dans la servitude du malin esprit, et en même temps sous l'empire de la mort ; sans doute Dieu devait détruire cet empire, mais il ne voulait pas le faire par un simple acte d'autorité, il aurait par là fait tort à sa justice qui veut le châtiment du péché. Mais là où n'était aucun péché, là expirait l'empire de Satan. C'est ce qui arriva justement avec l' Homme-Dieu. Lorsque donc le démon s'attaqua à l'innocent et au pur et qu'il fit tuerie Seigneur il perdit par cette injustice sa domination universelle. Saint Augustin ne regarde pas le pouvoir du démon comme un pouvoir absolu auquel l'homme devait par le fait de son pouvoir être assujetti entièrement et sans réserve, mais comme un pouvoir qui avait été permis par Dieu conformément à sa justice. Dans cet empire accordé au démon, Dieu
1. De Tcra rel. c 16, § 30: Ita enim demonstravit carnalibtis et non valentibus intueri monte veritatem, corporeisque scnsibus deditis, qnam excelsuin locum inter creaturas habeat humana natura, quod non solnm visibiliter sed hominibus in vero homine apparuit. § 31 : Satellites voluptatum divitias perniciose populi appetebant : pauper esse voluit. Hominibus et imperii inhiabant : rex lieri noluit. Carnales filios magnum bonum putabant: taie conjugium prolemque contempsit. Contumelias supcrbissinu; borrebant: onine genus contumeliarum sustinuit. Inînrias inlolerabiles esse arbitrabantur : quae major injuria quam justum innoccnteraquc damnari? Dolores corporis exsocrabantur : flagellatus atqiie cruciatns est. Mori meluebant : morte multalus est... § 32: Tota itaqne vita ejus in terris per bominem, quem suscipere dignatus est, disciplina morum fuit. Cf. De Irin. Xill, 17. 22.
n'avait point cédé son domaine souverain ; l'homme reçut encore beaucoup de dons naturels et resta soumis à l'obligation de la loi divine. Le diable lui-même n'est pas complètement indépendant de l'autorité de Dieu ; il porte encore en soi des preuves de la divine bonté* ; du moins il tient de Dieu son existence et elle lui est maintenue.
Mais si l'homme a été abandonné par Dieu selon les exigences de sa justice à l'empire du démon, il devait en être délivré non par le moyen de la force, mais par la justice, et c'est ce qui est arrivé par la mort volontaire de l'Homme- Dieu. Quand en effet le malin esprit eut abattu sous la domination de la mort même celui qui était tout à fait innocent, il perdit son pouvoir môme sur tous ses débiteurs qui crurent en cet innocent. En effet par ses attaques contre l'innocence il provoqua la divine justice à la vengeance, si bien qu'il se vit enlever non seulement la domination qui lui avait été accordée sur les innocents, mais même sur tous les siens, c'est-à-dire sur tous ceux qui lui appartenaient par la foi. Cet innocent dut être à la fois Dieu et homme ; homme afin qu'il pût souffrir et mourir ; Dieu afin qu'il pût se vouer à la mort en toute liberté et non par contrainte^. C'est ainsi que grâce à la nature divine du Seigneur, sa satisfaction est devenue d'autant plus grande et plus précieuse ; le saint docteur ne l'élève pas cependant jusqu'à faire expressément de cette satisfaction une satis-
1. Àug. De trin. XII, 12, 16 : Modus autem iste quo Iraditus est homo in diaboli potestatem, non ita débet intelligi, tanquam hoc Deus fecerit, aut lieri jusserit : sed quod tantum permiserit, juste tamen. Illo enim deserente peccantem, peccati auctor illico invasit. Nec ita sanc Deus deseruit creaturam suam, ut non se illi exhiberctDeum creantem et vivificantem, et inter pocnalia mala etiam bona malis multa praestantem. Non enim continuit in ira sua miserationes suas. Nec homincm a lej^e suae potestatis amisit, quando in diaboli potestatc esse permisit : quia nec ipse diabolus a potestate omnipotentis alienus est. sicut neque a bonitate.
2 Ibid. Xllf, 14, 18: Nisi enim homo esset, non posset occidi ; nisi Deus esset, non crederetur noluisse quod poluit, sed non potuisse quod voluit. Ailleurs (Sermo 155, 7» on lit que le Christ nous a dtMivn^ de la mort que nous méritions (a debito) en subissant une mort imméritée (indebituiHj.
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faction infinie. Il était réservé à saint Anselme de déveloprer la théorie satisfactoire jusqu'à ce degré. Mais que la dette du péché ait été éteinte et anéantie par la libre obéissance du Seigneur et surtout par son libre dévouement à la mort, c'est là ce qui se présente le plus clairement dans l'exposé de saint Augustin*. On voit en même temps comment le saint docteur devait faire ressortir non seulement la nécessité de la nature humaine dans le Christ, mais aussi son étroite connexion avec la race qu'il représentait pour ainsi dire, en sa qualité de nouvel Adam-.
A ce sujet, saint Augustin montre à diverses reprises^, comme nous l'avions déjà indiqué l'importance que la mort du Seigneur présente pour nous en tant que modèle moral supérieur. Grâce à cet exemple de vertu qui nous a été donné dans une nature consubstantielle à la nôtre, nous obtenons le courage et la confiance en Dieu pour essayer de puiser assez de puissance dans l'Incarnation pour pouvoir devenir, en dépit de notre nature humaine, participants par la grâce au titre d'enfant de Dieu, à l'immortalité et à la vie éternelle en Dieu, après que le Fils de Dieu était devenu un enfant des hommes et s'était uni avec le genre humain par des liens sans terme. Ainsi donc nous sommes assurés grâce à l'Incarnation, dans le sentiment de notre immortalité, dont la connaissance n'est plus inaccessible à la nature humaine, et nous sommes débarrassés de tous les doutes*.
1. Àug. De trin. XII, lo, 19: Tune enim sanguis ille, quoniam ejus erat qui nullum habuit omnino pi^ccatum, ad remissionem nostrorum fusus est peccatorum, ut quia eos diabolus merito tenebat, quos peccati reos conditione mortis obstrinxit, hos pcr eum merito dimitteret, quem nullius peccati reum immerito poena mortis allecit. Hac justitia victus et hoc vinculo vinctus est fortis etc. Ibid. lib. IV, c. 13. Tract, in Joan. 119. C'est ainsi qu'il met la rédemption en dehors de la puissance du démon. De lib. arb. 111, 10, § 31 dar. — 2. Ibid. g 23.
3 Delide et symb. c. 6; De divers, quaest. q. 25; De catech. rud. c. 4.
4. De trin. XIII, 9, 12; Si enim natura Dei filius propter filios hominum raisericordia factus est hominis filius, hoc est enim : Verbuni caro factuni e^t et habitavil in nobis hominibus : quanto est credibilius, natura filios hominis pratia Dei filios Dei fieri et habilare in Deo, in quo solo et de (}uo solo esse possun t bca li participes immoi talitatis ej us ellecti; propterquod persuadendum Dei filius particeps nostrae mortalité lis elïectus est ?
Sui' les effets des mérites rédempteurs du Christ, saiat Augustin semble d'après ce que nous venons de dire partager l'opinion qu'ils n'ont profité qu'à ceux qui ont cru dans le Clirist et qui ainsi se sont approprié ses mérites. De là on ne peut pas cependant conclure, comme l'ont fait plusieurs \ que dans l'opinion de saint Augustin le Christ n'était pas mort pour tous les hommes. Si cette proposition est donnée comme appartenant à la doctrine augustinienne de la prédestination, l'inexactitude de cette opinion doit être montrée avec précision en un autre endroit en relation avec la doctrine de la grâce. Sans doute, dans la doctrine de saint Augustin, la mort du Seigneur n'est efficacement profitable qu'à ceux qui par la fui entrent mystiquement en union avec lui. Mais les mérites de la rédemption parleur force intime et leur action virtuelle s'étendent à tous les hommes. C'est la faute de l'homme s'il ne s'approprie pas les mérites du Christs Quant à l'opinion d'Origène qui veut que le Christ soit mort aussi pour les anges, saint Augustin ne la partage pas, il admet seulement avec plusieurs autres Pères que la mort du Seigneur a profité aux anges en ce qu'elle a fait disparaître l'hostilité qui existait entre eux et les pécheurs de ce monde et d'autre part, elle a aussi comblé de nouveau avec les hommes rachetés et sanctifiés les vides faits dans l'assemblée des saints par la chute des anges •\
Quand saint Augustin veut expliquer avec plus de précision comment le Seigneur a offert un sacrifice dans sa mort et ce qu'il a présenté comme victime, il le montre à propos des paroles de la sainte Ecriture (Jean x, 18) : J'ai le pouvoir de déposer mon âme et de la reprendre. Ponere animani, c'est pour lui mourir, c'est-à-dire emiYiereanî«i«»ï,