Deprinc.,l
trois hypostases, le Père, le Fils et l'Esprit-Saint^ Le second terme de cette trinité est donc le Verbe ou le Fils. Il est bien remarquable qu'Origène, voulant en traiter, part du Verbe incarné, de Jésus-Christ, tel que le présente le symbole. Sa doctrine peut, du reste, se résumer en trois mots : le Verbe est Dieu et distinct du Père, éternellement engendré, mais inférieur au Père. Elle oscille ainsi entre le consubstantiel, vers lequel elle est logiquement entraînée, et le subordinatianisme auquel la ramène le problème de la création; mais elle exclut absolument l'arianisme proprement dit.
Rappelons d'abord qu'Origène avait connu le modalisme à Rome, et ne cessa de le combattre en affirmant la distinction réelle du Fils d'avec le Père. Il y a des gens, dit-il, qui regardent le Père et le Fils comme n'étant pas numériquement distincts (apiôpiw), mais comme étant un, sv, ou [xovov ouaia àX)>à xai u7rox£tu.£vw, et comme divers seulement xatà nvaç iTiivoiaç, ou xarà utto- (TTafTiv 2. Origène enseigne au contraire que sTepoç xar' oùaïav xai uTTOxettjLsvov Iffttv 6 uîo; tou Traxpdç ; qu'il y a Suo xr; oTTOffTaaei TrpayaaTa^. On remarquera que notre auteur tantôt confond les termes oùaia et uTroaraGi; et tantôt les oppose l'un à l'autre. Mais au dernier il donne un sens ferme qui finira par triompher.
Or le Fils, ainsi réellement distinct du Père, n'est pas créé, mais engendré, et de toute éternité. Ce dernier point est un de ceux qu'Origène a le mieux mis en relief : « Non enim dicimus, sicut haeretici putant, partem aliquam substantiae Dei in filium versam, aut
1. *H[X£T(; iJLÉvToi yz TpeTc u7ro(7Tà7£'.;:T£i8Q(xevoi T-jy/aveiv, tov Tzazio-x, Y.od Tovulov, xaiToaYiov TcvEùixa v.tI. In loann., II, 6 (Lom., I, 109, 110; P. G., XIV, 128); VI, 17 (Lom., I, 2-27; P. G., XIV, 237) ; In Isaîam, hom. 1,4; IV, 1.