‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 155 sur 223 · LA QUESTION PENITENTIELLE EN OCCIDENT AU III® SIECLE. LE NOVATIANISME · texte numérisé non relu

LA QUESTION PENITENTIELLE EN OCCIDENT AU III® SIECLE. LE NOVATIANISME

S 1. — La question pénitentîelle à Rome, sous Calliste ^'

On a pu voir, par ce qui précède, qu'à l'exception d'Hermas, les auteurs du second siècle ne fournissent sur la pénitence que des indications rares et imprécises. Hermas en parle comme d'une faveur exceptionnelle concédée à ses contemporains, faveur dont ils doivent se hâter de profiter, car elle ne doit se renouveler ni pour les individus, ni pour l'Église. De cette pénitence d'ailleurs et de la guérison qui la suit il n'exclut personne, si ce n'est peut-être les apostats blasphémateurs et délateurs de leurs frères. — Les apostats ne sont pas non plus exclus à perpétuité de la communion de l'Église d'après l'épisode des martyrs lyonnais de 177, rapporté par la lettre des Églises de Lyon et de Vienne.

1. Sources : Tertdllien, De paenitentia, De pudicitia. Philosophodmena, IX, 42. — Travaux : E. Predschen, Tertullians Schriften De paenitentia und De pudicitia, mit Rûcksicht auf Bussdisziplin untersucht, Giessen, 1890. E. RoLFFS, Das Indulgenz-Edict des rômischen Bischofs Kallist kritisch untersucht und reconstruiert, Leipzig, 1893. P. Batiffol, Études d'Histoire et de Théologie positive, 3« édit., Paris, 1904.

364 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.

Parmi les chrétiens saisis, quelques-uns faiblirent et renièrent leur foi. Mais, au lieu de les abandonner, les confesseurs restés fidèles leur communiquèrent leurs biens spirituels, prièrent le Père céleste et répandirent pour eux des larmes qu'il exauça. Les égarés revinrent à résipiscence, et, même avant leur martyre, furent réintégrés dans l'Eglise (t^ IxxXyicia 7rpoff£T£6r,aav) ^ . — A son tour cependant, saint Irénée parle de femmes corrompues par Marcus et ses disciples, dont les unes, dit-il, confessant leur crime, passèrent toute leur existence dans l'exomologèse publique ; d'autres, désespérant de la vie de Dieu, se retirèrent complètement de l'Église; tandis que d'autres, hésitantes, ne prenaient aucun parti ^. Détail qui semble indiquer que la pénitence pour fornication devait durer jusqu'à la mort, et était assez dure pour rebuter les âmes faibles et médiocres.

Voilà à peu près tout ce que nous savons de la discipline pénitentielle en Occident, pendant les deux premiers siècles. Mais, dès le début du troisième, le sujet s'éclaire. Tertullien a écrit sur la pénitence deux ouvrages : l'un, le De paenitentiay qui est une instruction destinée aux catéchumènes, remonte aux années 200-206; le second, le De pudicitia, composé entre 217 et 222, est un pamphlet dirigé contre le pape Calliste à propos d'un adoucissement apporté par lui à la discipline. L'un et l'autre nous renseignent assez bien sur la façon dont on devait, en Afrique et à Rome, comprendre cette question au commencement du me siècle, et dont leur auteur, en particulier, la comprenait .

Dans le De paenitentia, Tertullien distingue deux ïQjftes de pénitence, l'une préparatoire au baptême, la

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