De cath. eccl. unit
2 £p. LXXI, 3.
3. Sententiae episcoporum, prooem. ; Epp. LXXII, 3 ; LXXHI, 26.
388 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.
ses mains, le gouvernement de l'Église d'Afrique, et en préparant pour Carthage le titre de siège primatial, il avait donné à ses déclarations en faveur de Rome, centre de l'unité catholique, un commentaire pratique qui ne fut pas perdu, et qui contribua au groupement de plus en plus prononcé du monde chrétien autour du successeur de saint Pierre.
L'Église, dans la théorie de saint Cyprien, est la dépositaire des pouvoirs de Jésus-Christ et la dispensatrice de ses grâces. Les sacrements sont donc ses sacrements, et elle seule peut validement les conférer : c'est un point de vue sur lequel on reviendra : examinons seulement ici l'enseignement du saint docteur sur chaque sacrement en particulier.
Le baptême est une seconde naissance, le principe du salut et de la foi ^ : il remet les péchés, sanctifie l'homme et en fait le temple de Dieu 2. On doit le donner aux enfants, et l'on n'est pas obligé pour cela d'attendre, comme pour la circoncision, le huitième jour^. Par ce baptême, les enfants reçoivent la grâce aussi bien que les adultes, et d'autant mieux que n'ayant pas péché, et portant seulement par leur naissance d'Adam la contagion de l'ancienne mort, ils obtiennent le pardon non de leurs propres péchés, mais de péchés étrangers *. Le baptême d'eau peut cependant être suppléé par le martyre, qui, lui aussi, confère la grâce, et même une grâce plus riche et plus haute : « in gratia maius, in potestate sublimius^».
i. Ad Donatum, 4; De dominica oratione, 23; Ep. LXXHI, 12.