Ep. LXVIII
potestatis \ » Aussi, conclut-il, Pierre — au contraire d'Etienne — ne s'est-il pas attribué la primauté (« ut diceret se primatum tenere »), et n'a-t-il pas exigé des nouveaux venus, de saint Paul en particulier, l'obéissance ^. Il n'existe pas dans l'Église d' « episcopus episcoporum » qui ait le droit d'imposer tyranniquement ses volontés à ses collègues. Chaque évêque gouverne en toute indépendance son diocèse, et ne rendra de comptes qu'à Dieu seul : il ne saurait être jugé par ses pairs non plus que les juger; tous doivent attendre le jugement de Jésus-Christ. Et c'est pourquoi, conclut saint Cyprien, il n'est pas permis, dans la question du baptême des hérétiques, de rompre la communion avec ceux qui ne sont pas de notre sentiment : « Neque enim quisquam nostrum episcopum se episcoporum constituit, aut tyrannico terrore ad obsequendi necessitatem collegas sues adigit, quando habeat omnis epi scopus pro licentialibertatiset potestatis suae arbitrium proprium, tamque iudicari ab alio non possit quam nec ipse possit alterum iudicare, sed expectemus universi iudicium Domini nostri lesu Christi ^. »
Ces déclarations de saveur épiscopalienne étonnent de la part d'un homme si épris d'unité, et qui comprenait si bien les conditions d'un bon gouvernement. Indépendamment des entraînements de la polémique, elles s'expliquent par l'influence de Tertullien,que saint Cyprien avait beaucoup étudié, et par ce fait que notre auteur s'est préoccupé de l'unité de chaque église particulière, dontî'évêque est le centre, beaucoup plus que de l'unité de l'Église universelle. Ses actes d'ailleurs n'ont pas correspondu tout à fait à sa théorie, et l'on a remarqué avec raison qu'en centralisant, comme il l'a fait, entre