Ad Forlunatum, praef., 4; Ep. LXXHI
Au baptême s'ajoute la chrismation, afin que le néophyte ait en lui la grâce du Christ ^ Cette cérémonie est la même que celle dont parle saint Cyprien dans sa lettre lxxiii, 9, et qui comprend une prière, l'imposition de la main et le signaculum dominicum, le tout pour communiquer l'Esprit-Saint. Elle est la même aussi peut-être que celle qui sert à la réconciliation des hérétiques, et où nous trouvons l'imposition de la main et la consignation : « Non est necesse ei venienti manum imponi utspiritum sanctumconsequatur et signetur 2. »
Les baptisés reçoivent, immédiatement après leur baptême, l'eucharistie ^. Il faut, pour la préparer, du vin mêlé d'eau ^. L'eucharistie est « le corps saint du Seigneur » que profanent les lapsî, son corps et son sang ^. Elle est un sacrifice. Saint Cyprien est un des Pères qui ont le plus insisté sur ce caractère, et son témoignage mérite qu'on le relève. Le sacrifice eucharistique, dit-il, a été offert d'abord par Jésus-Christ, prêtre selon l'ordre et imitant le sacrifice de Melchisédec : il est maintenant offert, comme un sacrifice vrai et plein, par les prêtres humains agissant « vice Christi », et répétant ce qu'a fait le Sauveur (a sacrificium verum et plénum », « secundum quod Ipsum Christum videat optulisse ®))). Ce sacrifice d'ailleurs est le même que celui de la croix, et nous présentons à Dieu, en le célébrant, la passion du Rédempteur : « passio est enim Domini sacrificium quod offerimus ^. » On l'offre pour les pécheurs pénitents