Biblioth., cod
DENYS D'ALEXANDRIE, METHODIUS. 415
qui avait lu de lui une collection de douze traités, son enseignement était exact sur le Père et le Fils, bien que son langage fût un peu archaïque ; mais sur le Saint-Esprit, ce même enseignement était dangereux et incorrect (sTTiccpaXwç Xtav xat §u(7aeêwç SoyjJ'.aTi^st), car le Saint-Esprit y était représenté comme inférieur en gloire au Père et au Fils. Il semble, continue Photius, que Pierius ait admis la préexistence des âmes ; mais, en revanche, son écrit sur saint Luc contient un témoignage en faveur du culte des images. C'est tout ce que nous pouvons connaître de la théologie de Pierius, les quelques fragments qui restent de ses œuvres n'offrant aucun caractère doctrinal. En somme Théognoste et lui demeuraient dans la voie tracée par Origène : à côté d'un enseignement exact, pour le fond, sur la Trinité, on trouvait chez eux des expressions malsonnantes, et un subordinatianisme qui ne se corrigeait pas.
§ 3. — Saint Grégoire le Thaumaturge i, Hiéracas.
Saint Grégoire le Thaumaturge ^ n'a pas succédé à Origène dans sa chaire d'Alexandrie ou de Césarée, mais il a été un de ses disciples les plus enthousiastes, et les pages de son Oratio panegyrica^ où il décrit les méthodes du maître et la formation qu'il avait reçue de lui, sont entre les plus intéressantes que nous ait léguées l'antiquité chrétienne.
Avec lui, nous dit-il, il avait lu beaucoup les philo-
\. L'édition citée est celle de P. G. X. Pour le Traité à Théopompe voir P. DE Lagaude, Analecla syriaca, làpsiae, 1858 ou Pitra, Analectai sacra, IV, Paris, 4883. — Travaux : V. Ryssel, Gregorius Thaumalurgus, sein Leben und seine Schriften, Leipzig, 1880. Kcetschau, Des Gregorios Thaumaturgos Dankrede an Origeiies, Freiburg im Br., 1894.
416 LA THEOLOGIE ANTENICEENNE.
sophes et de toutes les écoles, sauf les athées ^ De ces lectures Grégoire semble avoir conservé une disposition à insister sur l'unité de Dieu que sa vie au milieu de populations à demi païennes dut encore développer. On en trouve des traces dans le Traité à Théopompe sur Uimpassibilité et la passibilité de Dieu que l'on doit vraisemblablement lui attribuer, et Ton en trouvait peut-être aussi dans le Dialogue avec JElianus qui ne nous est connu que par saint Basile. Le grand cappadocien a témoigné plus d'une fois delà parfaite orthodoxie du Thaumaturge ^ : il a dû cependant la défendre contre les sabelliens. Ceux-ci prétendaient se couvrirde son autorité, et citaient de lui la formule raTÉpa xai uîov sTrtvoia uÈvElvat ouo, uTcoaTaaei os iv du Dialogue avec JElianus. Saint Basile répond que Grégoire, argumentant ici contre un païen, a employé cette façon de parler àycovtffTixwç non ôoyaaTDcco;, insistant, comme de juste, sur l'unité divine. Il ajoute qu'il faut excuser par la même considération les expressions xTiajxa, iroirjijLa appliquées au Fils, expressions qui d'ailleurs visaient seulement le Christ incarné ; et qu'enfin le texte de l'ouvrage est fort corrompu^.
Il nous reste, d'autre part, un monument de l'orthodoxie trinitaire de saint Grégoire : c'est son "ExÔcffiç TTiffTsioç, écrit dont l'authenticité semble définitivement établie, et qui doit remonter aux années 260- 270. Le Verbe y est dit Ô£o; ex 6eou... uîoç à>r,6ivoç àXyiOivou irarpoç... xai àiSio; àïûi'ou : le Saint-Esprit, ex ÔEOu TTjv UTTap^iveyov... eîxwv xou uiou teXeiou reXeia, 2|(oy) Ç(ovto)v aiTia : la Trinité xpiot; xsXEia, od^r) xai aïoidxrjTi xai paaiXsia \}Jt\ (jLEpi^oai ^7) (xrjSè dTiaXXoxpiouu.Évyi. Et l'auteur conclut : « Il n'y a donc rien de créé ni de sujet dans la
■1. Orat.panegyr., 43.