Taties, 1-3; Tei\ti:llien, 46; Hermias, tout entier
2. Tatien (35) appelle de même la doctrine chrétienne rj xa9' f.fià; pàpêapo; çO-Offoçta.
que des oppositions (Apol. ii, 13). La foi n'affirme sur bien des points que ce qu'ont professé Platon, Ménandre, les stoïciens ; seulement elle l'affirme plus pleinement et avec une autorité divine ; et elle ne se contente pas de l'affirmer, elle le démontre ^
Quelle explication donner de cette ressemblance? Saint Justin en indique deux. La première qu'il a trouvée déjà dans les Juifs alexandrins, et que les autres apologistes ont accueillie à sa suite, est que les philosophes ont connu les livres de l'Ancien Testament, et y ont puisé les vérités qu'ils nous transmettent^. La seconde dont il est bien l'auteur, est que le Logos divin, qui a apparu à l'origine du christianisme sous la forme humaine, a de fait toujours agi et s'est continuellement manifesté dans le monde. Chez les Juifs, il s'est montré dans les théophanies, il a parlé par les prophètes et enseigné par les écrivains sacrés. Chez les païens, il a parlé aussi et a enseigné par les philosophes. Ceux-ci sans doute ne l'ont possédé que partiellement (xaxà [Aspoç), et c'est pourquoi ils ont commis des erreurs, et ne sont arrivés qu'avec peine à la lumière (Si' e&psffsw; xai Ôswpiaç) ; mais enfin la semence du Verbe, le Verbe séminal [(5Tziç\t.% tou Xoyou, «TTrepfxa- Tixoç 6eTo; Xc'yoç), déposé d'ailleurs dès le principe dans toute intelligence humaine, était en eux, et c'est grâce à son secours qu'ils ont pu découvrir les vérités qu'ils ont proclamées et dont il était pour ainsi dire le parent (ffuYY£ve;). Aussi ne saurait-il y avoir d'opposition entre la philosophie et le christianisme. Tous ceux qui ont vécu avec le Logos sont chrétiens, quand bien même, durant leur vie, on les aurait jugés athées. Tels, chez les Grecs, Socrate et Heraclite, chez les barbares,
4. M£:|6vw; xai Oeico; xai [xôvot {lex' àirooeî^sw; {Apol., i, 20).
2. Apol. I, 44, 59; Tatien, 40; Théophile, ii, 37, 38; Minucius, 34; Ter-
TULLIEN, 47,
228 LA THEOLOGIE ANTENICEENNE.
Abraham, Ananias, Azarias et les autres. Tout ce qui s'est dit de bon et de juste dans le monde entier appartient aux chrétiens : "Oaa oOv Trapà Traai xocÀwç Eipr,Tai r;{jLtov Twv ypidTiavwv laxi ^ .
On voit assez la largeur d'une pareille doctrine, qui fait rentrer la philosophie dans le christianisme, et semble présenter Jésus-Christ comme continuant simplement et couronnant l'œuvre de Socrate ^. Estce donc que saint Justin ne met entre la philosophie et la religion révélée qu'une différence de degré dans la manifestation de la même vérité, etpense-t-il réellement que les philosophes ont été, au sens propre, bien que dans une mesure restreinte, inspirés de Dieu? Nous ne le croyons pas. Bien qu'il ne s'exprime nulle part en effet dune façon absolument claire, et qu'il paraisse çà et là parler du aTrepuaTixoç Xoyoc comme du Verbe personnel et incréé ^, il est plus probable qu'il ne désigne en définitive par ce mot que la raison humaine, dérivation de la sagesse éternelle, mais elle-même créée et finie. Car il remarque, nous l'avons dit, que cette semence du Verbe a été déposée dans toute l'espèce humaine**, et « autre chose, observe-t-il, est la semence et l'image d'un être communiquée suivant les forces [de celui qui la reçoit], autre chose cet être lui-même dont, par sa grâce, on reçoit la communication et la ressemblance^ ».
Or, cette image du Verbe a permis sans doute aux philosophes de découvrir des vérités importantes, mais non pas avec la sûreté et la plénitude qu'il eût fallu. Les philosophes se sont trompés quelquefois, souvent même, soit parce qu'ils ne possédaient qu'imparfaite-
i. Apologie u, 13, 8, 10; Apol. i, 46.