ApoL I, 9, 44, Si, 6i; ApoL ii
2. Aristide, 8-13; S. Justin, ApoL ii, 14; Tatien, 21, 25 ; Atuén., SuppL, 20-21; Theoi'UILE, i, 9; m, 3, 8; Minucios, 22; TEniULLiEN, 21.
3. Tertullien, 22; Tatien, 12, lG-18; S. Justin, ApoL i, 5^, 64; Minucius, 27.
230 LA THEOLOGIE ANTENICEENNE.
Quant à l'origine historique du paganisme, bien que les apologistes connaissent la théorie qui voit dans les dieux des personnifications des forces de la nature ^ , ils s'arrêtent plutôt à celle qui les regarde comme des hommes fameux de l'antiquité, que l'on a honorés comme des dieux tantôt pour leurs mérites ou leurs services, tantôt et plus souvent pour leurs vices ^.
Mais les apologistes ne visaient pas seulement dans leurs écrits les païens, ils visaient aussi les Juifs. A ceux-ci revenait une large part de responsabilité dans la persécution contre les chrétiens, car ils avaient contribué à répandre les calomnies que l'on répétait sur eux, et ils continuaient à les poursuivre de leurs accusations et de leur haine ^. D'ailleurs, en s'adressant aux Juifs, les apologistes complétaient leur démonstration de la vérité chrétienne. Contre les païens, ils établissaient l'absurdité du polythéisme et le caractère élevé et essentiellement bienfaisant du christianisme. En prenant simplement les Livres saints comme livres de la plus haute antiquité, ils allaient même plus loin et, au nom des prophéties, revendiquaient pour la religion nouvelle le droit à la croyance. L'accord de ces prophéties avec les événements prouvait leur divinité, et par contrecoup celle du christianisme. C'est le raisonnement qu'avait développé saint Justin dans sa première apologie (30-53). Mais, dans la polémique contre les Juifs, cet argument acquérait une nouvelle force, parce que, les deux partis admettant que les prophètes avaient écrit xivy^cavTOi; auxouç Too ôîiou TTveuuLaTo; ^, l'auto-
1. Aristide, 3-6, 13; Atiiénagore, Supplie, 22; Tertcllien, Ad nationes, II, 1; Hermias, g.
2. S. Justin-, Apol.i, 9; Athenagore, Suppl, ^S-30; Théophile, i, 10; ii, a; lU, 3, 8; MiNUCius, 21, 23 ; Tertullien, 10, 11.