Contra Cels., V, 3; In Gènes., hom. XIV
3. C. Cels., V, 43; Vil, 47; VI, 2; In Gènes., hom. XIV, 3; S. Grég. le Thaumat., In Orig. orat. paneg., 14.
284 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.
avec laquelle il ose raisonner même dans les problèmes surnaturels; et par là s'explique ce jugement de Porphyre qu'Origène vivait en chrétien, mais qu'il pensait en grec, et qu'il avait introduit les idées grecques dans les mythes des autres peuples ^
Car d'ailleurs on se tromperait en croyant que les conclusions proprement dogmatiques d'Origène ont été sérieusement inlluencéespar la philosophie particulière qu'il avait étudiée. Bien qu'élève, vers 210, d'Ammonius Saccas, le fondateur de l'école néo-platonicienne, et condisciple de Plotin, l'auteur des Ennéades, notre auteur n'est pas, à vrai dire, néoplatonicien. Il a plus reçu du milieu général des idées que d'un système portant un nom ; et si la philosophie platonicienne, telle qu'elle était comprise à Alexandrie au début du iii^ siècle, a déteint sur lui, c'est qu'il en a surtout apprécié les tendances et l'esprit plus qu'il n'en a adopté les doctrines^.
Tels sont les principes qui ont guidé Origène dans l'exposé de sa théologie. On va voir comment il les a mis en œuvre.
Son Dieu, comme celui de Clément, est le Dieu quelque peu abstrait du platonisme. Il est ETcsxEiva TÎi; ouaiaç, ex omne parte (xova;, et ut ita dicam évotç... incomprehensibilis, inaestimabilis, impassibilis, aTrpoffSeiiç ^. L'homme cependant peut naturellement le connaître, et dans la mesure où il s'affranchit de la matière ^. Cette monade est d'ailleurs Tpiaç ou trinitas : elle contient