‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 97 sur 223 · De princ, IV · texte numérisé non relu

De princ, IV

3. In Cantic. canticor., lib. III, vers. 9, Lom., XV, 48; P. G., XIII, 173, ITi; In Levit., hom. Y, 1, Lom., IX, 239; P. G., XII, 447.

doit accepter les symboles qui la mettent indirectement en rapport avec elles ; mais il appartient au chrétien parfait de traverser ces figures et d'aller jusqu'aux mystères qu'elles recouvrent.

Conception très haute, on le voit, mais extrêmement dangereuse; car elle permettait d'écarter, sous prétexte de sens plus profond, la lettre des Ecritures, d'en conserver ou d'en sacrifier, à son gré, la partie historique, et finalement de substituer sa fantaisie à la règle de la foi.

La seconde source où devait puiser Origène pour expliquer et féconder l'enseignement ecclésiastique, est la philosophie, toute espèce de philosophie, car Origène, comme Clément, repoussait seulement les systèmes qui nient Dieu et la Providence ^ Il admettait que les philosophes ont appris par révélation quelquesunes au moins des belles choses qu'ils ont dites, qu'ils sont souvent d'accord avec la loi de Dieu 2, que celleci complète leurs affirmations ; mais il est moins enthousiaste pour eux que ne l'était Clément. Il les cite moins souvent, et leur reproche d'avoir commis des erreurs, toléré l'idolâtrie, de ne s'être adressés qu'à une élite, et d'avoir manqué d'autorité pour instruire les âmes^. Il a senti, semble-t-il, l'inanité des efforts tentés avant lui pour tirer de la philosophie la corroboration ou l'éclaircissement des dogmes, et aussi travaille-t-il à se pénétrer de ses méthodes et de son esprit plutôt qu'il ne fait état de ses enseignements C'est par là qu'Origène est profondément philosophe; par la tournure de son esprit inquiet et chercheur, par son amour de la spéculation, par la hardiesse

1. s. Grégoire le Thaumaturge, In Origen. orat. panegyr., 13, 14.

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