Contra Eunom., V, col
ayant élevé aax propriétés divines l'humilité de la nature charnelle ^ » .
Quant à saint Jean Chrysostome, il est naturel que nous trouvions chez lui un écho des doctrines antiochéniennes qu'il avait dû connaître à l'école de Diodore. Heureusement, son génie tout pratique l'a retenu à temps sur la pente de ces dangereuses spéculations. Dans sa onzième homélie sur saint Jean (2), où il s'occupe de la relation des deux natures en Jésus-Christ, il explique par Vhabitavit in nobis le Verbum caro factura est qui précède. L'humanité est la tente ((jxtjvtq) ^ de la divinité : il n'y a donc ni confusion ni disparition des substances ; mais cependant ty) Ivtodsi xai ty] cuvacp sia ev IdTiv ô Qcoç ^oyoç xai ri çâpl. Comment s'est faite cette unité? Inutile de le chercher : le Christ seul le sait : To §£ OTTCoç, fxr, C^l^ei* IvévsTO yap wç oISev auToç. C'est tout ce que Chrysostome peut nous dire sur cet ineffable et insondable mystère.
Ces observations montrent bien que, si les Pères grecs de la fin du iv^ siècle avaient puisé dans le sens catholique et l'enseignement traditionnel assez de lumière pour repousser et condamner l'apollinarisme, ils n'avaient pas encore assez mûri leurs idées ni affiné leur langage pour donner au problème christologique une solution absolument satisfaisante et définitive. Des obscurités existaient encore dans lesquelles tâtonnaient les plus grands génies. Ces obscurités devaient se dissiper en partie au v^ et au vi^ siècle, mais au prix de quelles luttes et de quels déchirements !