‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 113 sur 426 · Çonira Iulian., I · texte numérisé non relu

Çonira Iulian., I

péchés postérieurs ». Mais il faut avouer que tout ceci est fort peu explicite. En somme, si la croyance en une déchéance de l'humanité par suite de la faute d'Adam est incontestable chez tous nos écrivains grecs du IV® siècle, l'idée qu'ils se font de cette déchéance reste en deçà de la conception que l'on s'en fait à la même époque en Occident : elle est moins complète et moins précise. Il faut peut-être excepter le disciple d'Origène, Didyme, et expliquer que l'influence d'Origène ne se soit pas en effet exercée plus fortement dans le même sens sur les Cappadociens par cette considération que ses affirmations sur la souillure originelle se trouvaient mêlées à son système de la préexistence des âmes.

Il y a donc eu déchéance. A-t-elle atteint la nature libre de l'homme et sa capacité de bien faire, au point de les anéantir? L'affirmer serait aller à l'encontre directe de tous nos auteurs : car il n'est rien sur quoi ils insistent plus, contre le manichéisme, que la persistance en l'homme, même déchu, de la liberté et de la responsabilité de ses actes. On l'a déjà vu pour saint Athanase. Les autres ne parlent pas autrement^ ; mais saint Chrysostome, en particulier, y revient constamment comme à un point capital de la morale chrétienne^. La liberté de l'homme est restée entière après la chute : le corps n'est pas devenu mauvais, ni contraire et opposé à l'âme en principe; la concupiscence n'est pas, en soi, une faute ni un péché ^.

Est-ce à dire que l'homme, pour faire le bien, n'a pas besoin du secours de Dieu, qu'il peut se sauver lui-même? Cette difficile et délicate question — ques-

1. Greg. Naz., Or. XVI, 15; Cyrill. hier., Catech. IV, 18-21; Épiphan., Haer. LXIV, 49.

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