In epist. ad Rom., hom. XIII
tion de la nécessité de la grâce — n'avait pas encore été posée en Orient, et il ne faut pas, dès lors, s'attendre à en trouver, dans les écrivains grecs du iv^ siècle, une solution précise et de tout point irréprochable. On ne saurait cependant négliger les solutions même incomplètes qu'ils présentent.
Nous les tenons surtout des Cappadociens et de saint Chrysostome. Sans nier que nous puissions de nous-mêmes faire quelque bien\ saint Basile aftirme que du Saint-Esprit viennent aux âmes tous les secours dont elles ont besoin; que, sans lui, nul ne saurait prononcer une parole pour la défense de Jésus-Christ. Dieu, ajoute-t-il, nous aide dans le bien comme un sauveteur aide un enfant à se maintenir sur l'eau. Que personne ne pense s'être sauvé de soi-même, car le salut ne vient pas de la puissance de l'homme, mais delà science et de la grâce de Dieu^. Saint Grégoire de Nysse parle à peu près de même, mais avec cette nuance importante qu'il semble requérir la grâce seulement pour l'action, non pour l'inclination au bien et le désir du bien^. Saint Grégoire de Nazianze offre une doctrine plus ample. C'est surtout dans VOratio XXXVII, 13 et suiv. qu'il s'est occupé de fixer la part de la grâce et de l'activité humaine dans l'œuvre du salut. On en peut dégager ce qui suit : 1° Nous devons coopérer à la grâce : elle ne fait pas seule tout en nous : « 11 faut que notre salut vienne de nous et de Dieu » (13) ^ 2° La volonté libre a au moins une part dans le commencement de l'œuvre du salut. Dieu
1. Remarquons ici qu'il ne faut pas toujours chercher dans ces aut'^urs la distinction <iu bien moral naturel et du bien surnaturel. Ils n'ont p:»s poussé aussi loin la précision.
2. De Spiritu Sancto, 18, 55; Homil. in psalm. XXIX, 2; in psalm. XXXII, 2.
3. De orat. dnminica, Or. IV (P. G., XLIV, 1165); De instituto christiano (P. G., XLVI, 304).