De irinit., I, 30, col
le coryphée des apôtres, la pierre solide sur laquelle l'Église est établie, celui sur qui la foi inébranlablement repose (xaxà iràvra yàp TpOTTOV Iv auxw èatcpecoÔr) -^ TcidTiç), qui a reçu les clefs du ciel, qui délie sur la terre et lie dans les cieux^ Pour saint Basile, saint Pierre a été préposé à tous les autres disciples (-rrpoxpiôeiç) ; il a reçu les clefs du royaume^. Mais surtout saint Chrysostome ne tarit pas sur les privilèges de Tapôtre. Saint Pierre est le premier, le coryphée, la bouche des apôtres, le prince des disciples, la base et le fondement de rÉglise, celui qui est préposé à l'univers entier et à qui le soin de tout le troupeau a été confié, dont saint Paul lui-même a reconnu sans hésiter la supériorité et le pouvoir^. Tous ces titres, dispersés dans les œuvres du grand orateur, se trouvent comme ramassés dans l'homélie In illud « Hoc scitote », 4 : '0 ouv né^po; ô xopucpaïoc; tou /opou, to ffTO|xa twv aTTOdToXwv àravTwv, y; xccpaAT) tyjç tpaxptaç exeiv/jÇ, ô tt^ç oixouuLs'vr,? v.Tzé.at](, TrpoffTaTViç, ô ôefJiÉXtoç ttjç 'ExxXrjGiotç, ô ôepfjiôç gpaaTT]; tou XpiaTOU.
Cette primauté de Pierre a-t-elle passé à ses successeurs? Nul doute, on le verra, qu'on en fût convaincu en Occident, à Rome en particulier, à cette époque. En Orient, on n'hésite pas non plus à reconnaître à l'Eglise romaine une incontestable prééminence qui lui donne le droit d'intervenir dans les débats des églises particulières, encore que la nature et les limites de cette prééminence ne soient pas toujours
i. Ancoratus, 9, 34; Haer. LIX, 7, 8.