‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 127 sur 426 · In epist. II ad Timoth., hom. II · texte numérisé non relu

In epist. II ad Timoth., hom. II

à l'occasion de sacrements particuliers que les Pères ont émis ces observations.

Saint Grégoire de Nazianze distingue six espèces de baptême : 1° le baptême de Moyse, qui était in aqua et aussi in nube et in mari [I Corinth.^ x, 1, 2) : c'était une pure figure ; 2° Celui de Jean-Baptiste qui était in aqua et in paenitentiam ; 3° Celui de Jésus qui, de plus, est in spiritu (Iv uveuixaTi) ; 4° Le baptême de sang, le martyre; 5° Le baptême de larmes, ou la pénitence après le baptême; 6° Enfin le baptême de feu dans l'autre monde, plus dur encore et plus long, qui dévore la matière comme la paille, et consume la vanité de toute iniquité ^ La différence entre le baptême de saint Jean et celui de Jésus-Christ est donc mise en ce que le premier est in paenitentiam seulement, tandis que, dans le second, le Saint-Esprit intervient. C'est l'opinion de saint Basile et de saint Cyrille de Jérusalem. Ils croient que le baptême de Jean remettait les péchés, mais que le baptême chrétien, de plus, nous fait enfants adoptifs de Dieu et nous confère le Saint-Esprit. Ces effets sont d'ailleurs symbolisés dans le baptême chrétien, car l'ensevelissement dans les eaux signifie la mort au péché du baptisé, tandis que l'Esprit lui communique la vie, lui rend la vie première que nous avons perdue 2. Autre est l'opinion de saint Chrysostome. Comparant ensemble le baptême des juifs, celui de saint Jean et celui de Notre-Seigneur, il déclare que le premier n'atteignait que le corps, que le second procurait la justification de l'âme seulement parce qu'il était accompagné d'une exhortation à la pénitence [ex opère operantis), et que le der-

1. Orat. XXXIX, 17, 19; cf. Basil., De Spiritu Sancto, 35, 36.

2. BvsiL., Homilia in sanctum baplismum, 1 (P. G., XXXI, 425); De Spiritu Sancto, 35; Cyrill. Hier., Catech. III, 7, 14; XVH, 8; XX, 6.

LA THÉOLOGIE GRECQUE DU lY" SIÈCLE. 165

nier seul remet les péchés et confère le Saint-Esprit ^ Quoi qu'il en soit de la valeur du baptême johannique, l'usage universel et non douteux de l'Église grecque au iv® siècle était de baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit 2. Aussi déclare-t-on que ceux qui rangent le Saint-Esprit parmi les créatures rendent le baptême imparfait {àT£X£<;)3. Saint Basile examine cependant si le baptême au nom du Christ, dont parle saint Paul, est valide, et il remarque que nommer le Christ c'est professer toute la Trinité ; car c'est nommer (implicitement) et le Père qui oint, et le Fils qui est oint, et le Saint-Esprit qui est l'onction. Que si ailleurs [Act., i, 5; Luc, m, 16) il est question du baptême dans le seul Esprit-Saint, ce baptême aussi est certainement parfait^.

En dehors du martyre, nos auteurs proclament le baptême absolument nécessaire pour jouir du bonheur éternel ^. Saint Chrysostome ne fait pas même d'exception pour les croyants qui meurent sans l'avoir reçu : il les déclare semblables aux infidèles, « hors des demeures royales avec ceux qui sont châtiés, qui sont condamnés » ; et il ne pense pas qu'on puisse les secourir par les prières et l'offrande du sacrifice; l'aumône seule faite à leur intention peut leur procurer quelque soulagement^. Saint Cyrille de Jérusalem va plus loin encore, et n'excepte pas ceux qui pratiqueraient d'ailleurs les œuvres de vertu : à eux aussi le baptême est absolument nécessaire pour entrer dans le royaume des cieux'''.

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