Orat. XLV, 19; Epist. CLXXI
2. Orat. calechet., 37; cf. In baptism. Christi (P. G., XLVI, 581).
goût t'en donne l'impression, mais le corps du Christ, et que le vin qui paraît n'est pas vin, bien que le goût le veuille, mais sang du Christ, rassure ton cœur, participe à ce pain comme à un [pain] spirituel » (9; et cf. xn, 1).
Saint Cyrille, on le voit, met une différence entre le chrême de la confirmation et les éléments eucharistiques quant à l'action qu'exerce sur eux l'invocation du Saint-Esprit, bien qu'il paraisse ailleurs les égaler à ce point de vue^ Le chrême ne cesse pas d'être ce qu'il était; il reçoit seulement en lui l'Esprit-Saint pour le communiquer : les éléments eucharistiques, eux, cessent d'être ce qu'ils étaient ; le pain qui paraît n'est pas pain ; le vin qui paraît n'est pas vin : ils sont le corps et le sang du Christ. Et l'on s'explique dès lors pleinement les précautions minutieuses pour n'en rien laisser perdre, et les sentiments de vénération profonde que Cyrille recommande aux communiants 2. C'est en adorant qu'il faut recevoir ces dons sublimes, mille fois plus précieux que l'or et les pierreries, qui doivent nous être plus chers que nos propres membres.
Ainsi donc, ce sont des auteurs à n'en pas douter réalistes, c'est-à-dire qui admettent que l'eucharistie est réellement le corps et le sang de Jésus-Christ, qui nomment cependant le pain et le vin ôjxoiwijLa, àvciruTrov de ce corps et de ce sang. Comment expliquer ces mots sous leur plume? Simplement en observant que, pour ces auteurs, le pain et le vin, dans leur être naturel, ou par une institution de Dieu ou de Jésus-Christ, sont déjà une figure, un symbole du corps et du sang du Sauveur; que ces éléments deviennent en effet, par la consécration — et dans leurs espèces — les signes sensibles du Christ corporellement présent, l'enveloppe
i.Catech. XXI, 3.