Catech. XXIII
réelle qui le contient et sous laquelle les fidèles le reçoivent. Rappelons-nous la théorie de saint Cyrille sur le chrême de la confirmation, antitype du Saint-Esprit.
Les mots 6|jLoito{jLa, àvriTUTcov, bien que susceptibles d'unebonne interprétation, devaient cependant paraître moins exacts, et c'est pourquoi nous les trouvons ou omis ou implicitement condamnés par Técole littérale et rigoureuse d'Antioche. « [Le Christ], remarque Théodore de Mopsueste, n'a pas dit : Ceci est le symbole ((TufxéoXov) de mon corps j et ceci [le symbole] de mon sang, mais Ceci est mon co?ps et mon sang, nous instruisant [par là] qu'il ne faut pas considérer la nature des oblata, mais que, par laction de grâce qui est prononcée, il y a conversion (fjLSTaéàXXsaôai) au corps et au sang*. » Quant à saint Chrysostome, entraîné à la fois par ses principes d'exégèse et par son tempérament d'orateur, il pousse le réalisme à un point que l'on trouve plutôt exagéré. Il semble que le fidèle broie réellement sous ses dents le corps de Jésus-Christ.
Il interprète d'abord littéralement les paroles de la promesse [loan., vi, 51-56) ^ : « Jésus-Christ ne s'est pas seulement donné à voir à ceux qui le désiraient, mais à toucher, à manger, à broyer entre les dents quant à sa chair, à assimiler : il a comblé tout désir 3. » Il ne veut pas que l'on explique le verset 64 — Verba quae ego locutus swn wobis spiiitus et ^>ita sunt — en ce sens que les paroles qui précèdent ne doivent pas
4. In Matth., XXVI, 26 (P. G., LXVI, 713). Une remarque analogue se rencontre dans Macarius Magnes, contemporain de Théodore : EIxotw; ).aêà)V (ô XpicxTo;) àpTOv vcai TioTYipiov etne' Tûùto lari to a&^i (xov» xal xè al|j.à (iou. Où yàp tutio; i7to[jLaTo; oOSè xûnoç arfiaro; œç tiveç Ippa<|/u>Syi(Tav Tieîtwpwjiiévoi tov voùv, à),),à -/.axà àXifiôetav ctôfjia xaî at(xa XpKTXoO, ÈTieiSyi xb <7ài[xa ànè yr/ç, àîiè Tfôç ô' ô apxoç ôfioîwç v-ac ô oTvoç ('ATTOxpixixo;, ni, 23, édit. Blondel, p. iOiî, 106).